ART | EXPO

Ha Chong-Hyun

22 Avr - 03 Juin 2017

L’exposition consacrée à l’œuvre d’Ha Chong-Hyun à la galerie parisienne Almine Rech offre une rétrospective de la carrière de ce représentant majeur de l’art abstrait coréen. Quelques sculptures et des tableaux retracent son parcours du début des années 1960 à aujourd’hui.

L’exposition « Ha Chong-Hyun » à la galerie Almine Rech, à Paris, forme une brève rétrospective de l’œuvre de l’artiste coréen. A travers de rares sculptures de ses débuts et surtout des peintures est retracé le parcours de ce représentant majeur de l’abstraction coréenne.

Ha Chong-Hyun : un pionnier de l’abstraction coréenne

Le parcours commence avec des tableaux datant du début des années 1960 qui témoignent de l’engagement pionnier de Ha Chong-Hyun dans l’art abstrait. Puis on découvre des sculptures réalisées au début des années 1970 qui dessinent déjà les contours de sa production picturale à suivre.

Une petite sculpture datant de 1972 est composée d’une boîte en bois dans laquelle est fixée une corde de chanvre. Quelques brins se sont rompus sous l’effet de la pression et pendent dans le vide, tandis que les fils qui demeurent tendus menacent de casser à leur tour. Plus loin, d’autres dispositifs : une poutre de bois est reliée à une corde tendue entre deux murs, une pile de journaux est posée à côté d’une pile de feuilles de papier.

Sculptures et tableaux expérimentent la matérialité

Tous les aspects de ces œuvres forment les prémisses des tableaux que l’on découvre ensuite, qui forment le cœur du travail de Ha Chong-Hyun jusqu’à aujourd’hui. Sculptures comme tableaux sont en effet caractérisés par des compositions d’une extrême sobriété, à la lecture simple, mais aussi par des matériaux ordinaires et une recherche portant sur ces matériaux, leur résistance et leur destruction.

Les peintures réalisées à partir de 1974 jusqu’à celles datant de 2014 et 2015 portent toutes le même titre de Conjonction. Elles ont fait d’Ha Chong-Hyun un des principaux acteurs du mouvement Dansaekhwa, c’est à dire de la « peinture monochrome ». Elles résultent d’une démarche expérimentale portant sur les matériaux et des procédés innovants visant à redéfinir le rôle même de la peinture. Chez Ha Chong-Hyun, celle-ci consiste essentiellement en l’étalage d’une certaine quantité de couleur, souvent du banc, du gris, du beige ou du noir, sur des surfaces irrégulières ou granuleuses comme le chanvre, qu’elle ne parvient pas toujours à recouvrir. Ainsi s’expérimentent la matérialité, le volume ou encore la dislocation.