ART | EXPO

Théâtre des métamorphoses

08 Juin - 13 Jan 2020

L’exposition « Théâtre des métamorphoses » au Centre Pompidou-Metz retrace le parcours de Rebecca Horn en rassemblant les multiples médiums abordés par l’artiste allemande : sculptures corporelles, performances, films ; etc. On suit son cheminement, du théâtre de l’intime à une ouverture sur le monde.

L’exposition « Théâtre des métamorphoses » au Centre Pompidou-Metz met à l’honneur l’œuvre de Rebecca Horn, sculptrice, réalisatrice et chorégraphe allemande qui est l’une des artistes les plus singulières de sa génération. En déployant le large éventail de formes d’expression utilisées par Rebecca Horn, elle vise à dévoiler un travail créatif dont certains pans demeurent méconnus.

« Théâtre des métamorphoses » : Rebecca Horn au Centre Pompidou-Metz

Comme son titre l’indique, l’exposition s’intéresse aux processus de métamorphose qui sont à l’œuvre au sein de la pratique de Rebecca Horn, en même temps qu’ils en sont un des thèmes centraux. Elle revient également sur le rôle de matrice qu’occupe sa pratique cinématographique, qui constitue une véritable mise en scène de ses sculptures. Très marquée par la maladie pulmonaire qui l’a obligée, à l’âge de vingt ans, à passer un an dans un sanatorium, l’œuvre de Rebecca Horn a pour matériau central le corps.

Multipliant les associations paradoxales, les œuvres de Rebecca Horn mettent en scène les antagonismes qui rythment la vie humaine : sujet et objet, corps et machine, humain et animal, validité et infirmité, harmonie et désordre, etc. Entravé par sa fragilité physique, l’individu puise pourtant en elle la force de se transformer et se réinventer. Le cinéma, les sculptures anthropomorphiques puis les monumentales installations de Rebecca Horn, dans lesquelles la machine occupe la première place, s’inscrivent dans la tradition des grands thèmes mythologiques ou de contes comme la métamorphose en créature monstrueuse ou hybride, la vie secrète des objets ou encore le fantasme de corps-automates.

Le corps, matériau central de l’œuvre de Rebecca Horn

Le parcours, conçu comme une chorégraphie ou une composition musicale offre une expérience totale mêlant les sons, les mouvements et les sentiments, et tous les champs artistiques, du body art à la vidéo en passant par l’installation. L’exposition épouse ainsi la vision interdisciplinaire de Rebecca Horn qui tend à créer une sorte d’œuvre d’art total en permanente transformation. On suit cinq décennies de création, rythmées par l’émergence des œuvres, leur récurrence et leurs métamorphoses, et par l’influence d’autre artistes comme Man Ray, Marcel Duchamp, Constantin Brâncuși, Meret Oppenheim ou encore Alberto Giacometti avec lequel Rebecca Horn partagent une
même fascination pour l’univers des automates et du cinéma.

Les premières œuvres de Rebecca Horn s’inscrivent dans la mouvance du body art et de la performance et explorent le corps, son entrave, sa souffrance. Prothèses, bandages ou ajout d’éléments étrangers comme des cornes et des gants soulignent la réclusion physique mais amplifient également la sensibilité résiduelle de l’individu qui les porte. Les films constituent d’abord pour Rebecca Horn un moyen de documenter ses performances intimistes et corporelles, puis ils deviennent des espaces de mise en scène de ses sculptures mécanisées et des acteurs suivant des récits tragi-comiques ou surréels. On suit également la progression, au sein de l’œuvre de Rebecca Horn, d’un théâtre de l’intime à une ouverture au monde dont elle rend compte des vicissitudes, comme dans l’installation Bee’s Planetary Map, qui exprime l’exil et le déracinement.