ART | EXPO

Rachel Feinstein

22 Nov - 29 Jan 2015
Vernissage le 22 Nov 2014

On peut voir les œuvres de Rachel Feinstein comme une déformation de l'héritage des monarchies européennes par la culture populaire américaine. Toutes ses œuvres révèlent l'intérêt de leur auteur pour l'esthétisme fantaisiste des contes de fées issu de l'industrie hollywoodienne, à mi-chemin entre Walt Disney et la Marie-Antoinette de Sofia Coppola.

Rachel Feinstein
Rachel Feinstein

Depuis le début des années 2000, Rachel Feinstein développe principalement un travail sculptural qui laisse néanmoins une place importante à la peinture et au dessin. Pour réaliser ses œuvres, majoritairement figuratives, Rachel Feinstein utilise en permanence une iconographie des arts et de la culture européenne des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, ses références principales étant les styles Baroque et Rococo.

Cependant, son œuvre semble surjouer la recherche de beauté, de raffinement et de sophistication caractéristique de ces périodes. Cette emphase délibérée laisse transparaître une dimension critique qui s’exprime à travers un style volontiers caricatural ou parodique. Ainsi, les chevaux royaux (Wagenburg, 2001), les anges (Army of God, 2008) ou les scènes bibliques (Crucifixion, 2003) composent une œuvre où se mêlent la grandeur et le prestige de l’Histoire européenne à la décadence et au déclin de l’aristocratie et du royalisme.

Les somptueuses peintures sur miroirs réalisées par Rachel Feinstein (Rhoda, Marie, Eva, 2005) représentent des femmes excessivement enlaidies ou des châteaux des anciennes cours d’Europe (Kasteel de Haar, 2010, Castle Pernstejn, 2012), au charme suranné, détournés par l’esthétique kitsch du château de Cendrillon. De même, ses sculptures en plâtre ou aux surfaces planes renvoient à l’idée d’artificialité. Elles s’apparentent souvent à des objets ou des environnements décoratifs (The Sorbet Room, 2001; Satinstein, 2002) ou à des éléments de décor (de cinéma ou de théâtre) dont on peut voir la face cachée et comprendre les mécanismes.

Toutes ses œuvres révèlent l’intérêt de leur auteur pour l’esthétisme fantaisiste des contes de fées issu de l’industrie hollywoodienne, à mi-chemin entre Walt Disney et la Marie-Antoinette de Sofia Coppola. On peut voir l’œuvre de Rachel Feinstein comme une déformation de l’héritage des monarchies européennes par la culture populaire américaine, réinterprétation historique ou combinaison de différentes époques qu’elle explique ainsi, le «Roccoco, pour les américains, c’est Liberace, mais c’est aussi Disney World, c’est la Belle au Bois dormant — le conte de fées des frères Grimm, la Forêt Noire, des choses de ce genre…».

Pour son exposition à la Galerie Mitterrand, Rachel Feinstein présente une sculpture représentant un grand carrosse noir accidenté, Puritan’s Delight (2008), inspiré des carrosses royaux autrichiens du XIXe siècle. Cette œuvre aux lignes épurées crée un climat dramatique qui fait écho aux dessins des anges des cimetières de Zurich et de Manchester (dessins au pastel réalisés en 2012).

Cette mise en scène funeste accueille une sculpture en aqua-résine peinte en blanc intitulée The Hun Girl (2014). Présentée pour la première fois dans la Schwartz Gallery du Metropolitan Opera de New York, cette œuvre est un portrait imaginaire du personnage de Konchakovna, figure clé de l’Opera Le Prince Igor d’Alexandre Borodine.

Rachel Feinstein est née en 1971 en Arizona (USA). Elle vit et travaille à New York.

Vernissage
Samedi 22 novembre 2014