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Quand les mains tissent la lumière

13 Mar - 19 Sep 2020
Vernissage le 13 Mar 2020

Le photographe américain Ray K. Metzker capture l’empressement urbain et l’isolement des citadins, en prise avec l’individualisme des grandes villes. L’esthétique fragmentaire de ses tirages en noir et en blanc est à découvrir au sein de l’exposition « Quand les mains tissent la lumière », à la Galerie Les Douches.

L’américain Ray K. Metzker (1931-2014) compte parmi les grands photographes de l’époque contemporaine. Au cours de soixante années de carrière, il a multiplié les expositions dans le monde entier. Désormais, ses œuvres se trouvent dans les collections de plusieurs grands musées. En France, la Galerie Les Douches donne l’occasion de découvrir son travail, à travers la deuxième exposition organisée en son honneur : « Quand les mains tissent la lumière ».

« Quand les mains tissent la lumière » : capturer l’empressement urbain sur le vif

L’exposition « Quand les mains tissent la lumière » rassemble une cinquantaine de photographies issues de plusieurs séries de Ray K. Metzker. Elles ont été prises entre 1957 et 1982, à Chicago, Philadelphie, Atlantic City ainsi que dans certaines villes d’Europe. Il s’agit de tirages gélatino-argentiques d’époque, en noir et blanc.

Sur les images, des passants traversent furtivement l’espace urbain, sans prêter attention à leur entourage, chacun pris dans ses préoccupations personnelles. Ray K. Metzker capture ainsi le mouvement effréné des villes et l’empressement constant des citadins. Les individus sont rapportés à des silhouettes interchangeables, sans identité ni visage. La femme à la figure dissimulée dans l’ombre, au premier plan de la photographie Philadelphia: City Whispers (1980), devient le symbole de cette esthétique.

« Quand les mains tissent la lumière » : une esthétique de la fragmentation

L’isolement des citadins transparaît dans les compositions fragmentées de Ray K. Metzker. L’image apparaît morcelée, soit par le vif contraste entre l’ombre et la lumière, soit par l’emplacement des silhouettes – qui ne se superposent jamais, qui restent confinées aux quatre coins de l’image. 

Le corps-même des individus subit ce fractionnement : le cliché City Whispers, Philadelphia (1982) montre un fumeur découpé à la vertical par le bord de l’image, ainsi qu’une femme divisée horizontalement par l’ombre d’une fenêtre. Ce procédé permet d’insuffler un sentiment de flux et de mouvement dans l’image fixe.

Enfin, l’intégration de petits objets noirs et anguleux dans les prises de vues renforce la fragmentation. Disposés devant l’objectif, ils dissimulent une partie du champ – souvent des surfaces blanches ou grises – ayant pour effet de créer de mystérieuses formes géométriques.