ART | EXPO

Quand les formes sont attitudes

22 Jan - 22 Mar 2014
Vernissage le 21 Jan 2014

L’exposition «Quand les formes sont attitudes» regroupe des œuvres dont la forme matérielle émane d’un acte, d’un processus, d’une posture ou d’une idéologie. Elle aborde la performance non pas dans son caractère éphémère, mais dans ce qui perdure en tant qu’œuvre après sa réalisation.

Jimmie Durham, Emmanuel Lainé, Steven Parrino, Lili Reynaud-Dewar, We Are The Painters
Quand les formes sont attitudes

Le titre de cette exposition renvoie à celui d’une autre exposition: «Quand les attitudes deviennent forme», où l’attitude intrinsèque de l’artiste était présentée comme une œuvre. «Quand les formes sont attitudes» propose une autre association de ces deux termes, forme et attitude, souvent renvoyés dos-à-dos.

Elle regroupe des œuvres dont le processus de fabrication peut s’apparenter à une performance tout en s’inscrivant dans une permanence.

Les formes matérielles présentées dans l’exposition témoignent d’une attitude au sens large du terme: qu’il s’agisse d’une action, d’un processus, d’une posture ou encore d’une idéologie. Elle aborde la performance sous l’angle de ce qui perdure en tant qu’œuvre après sa réalisation éphémère.

A titre d’exemple, dans Paint For Hochwechsel, le duo d’artistes We Are The Painters se filme dans la forêt, sous la neige, érigeant des panneaux sur lesquels ils réalisent une peinture grand format. La plupart des artistes font durer la temporalité de leur action en l’alliant à des médiums qui permettent son enregistrement — photographie, vidéo, mais aussi peinture et sculpture.

Chez Lili Reynaud-Dewar, la sculpture est à la fois le lieu, le cadre et le décor de la performance. L’œuvre produite conserve par la suite, toute son autonomie dans l’exposition. Ainsi, l’œuvre existe dans une double temporalité, elle a une double vie et propose une double perception au spectateur.

En inversant ce propos, la fabrication de certaines œuvres nécessite parfois une action performative réalisée par un corps physique, qu’il soit humain ou matériel. C’est notamment le cas dans Almost Spontaneous de Jimmie Durham, qui n’est autre qu’une série de peintures sur contreplaqué, créées de manière aléatoire par le lancement d’une pierre dans un seau de peinture posé à proximité du support.

Quant à la série photographique Effet Cocktail d’Emmanuelle Lainé, elle représente des sculptures et des installations mises en scène dans l’atelier de l’artiste, pour être elles-mêmes photographiées par un photographe d’œuvres d’art.

Trashed Black Box n°2 de Steven Parrino est un cube de placoplâtre de 2,5 m de côté, construit et détruit à l’aide d’une masse pour chaque exposition.

Toutes les œuvres précedemment citées, nous amènent vers une notion de processus qui, poussée à l’extrême, rejoint celle du rite ou du rituel qu’il soit réel, joué ou fantasmé, réalisé dans l’intimité ou en public.

Cet aspect est présent dans le travail de chacun des artistes de l’exposition, mais Il revêt une dimension supplémentaire chez Jimmie Durham et Lili Reynaud-Dewar, qui tous deux, abordent la question de l’altérité culturelle.

Comme dans Inaccurrencies, où Lili Reynaud-Dewar expose un ensemble d’objets-souvenirs de Madagascar et la vidéo de deux femmes, qui déballent les paquets cadeaux de ces souvenirs, les rangent dans une valise, puis partent en forêt afin de les brûler dans un simulacre de sacrifice. Ces objets, ainsi disposés sur une table et les costumes des deux femmes accrochés au mur, nous apparaissent alors comme des fétiches.

Œuvres de la collection du Centre national des arts plastiques. Exposition coproduite par 40mcube et le CNAP dans le cadre de La Permanence, manifestation conçue et coproduite par le Musée de la danse et le CNAP. L’exposition est ouverte du mardi au samedi, de 14h à 18h. Entrée libre. Fermée les jours fériés.

Commissariat
Anne Langlois