ÉCHOS
26 Jan 2012

Quand Hadopi devient un enjeu des présidentielles

PJulie Aminthe
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On aura tout entendu sur Hadopi: critiques, reculades, rétractations. A gauche comme à droite, cette loi a divisé les politiques. Qu’en est-il à présent, à quelques mois de l’élection présidentielle? Retour sur un débat qui n’a pas fini de faire grincer les dents des auteurs.

François Hollande, après plusieurs mois d’hésitations, a enfin adopté une position plus claire par rapport à la loi Hadopi.
Lors des Biennales internationales du spectacle qui se tenaient à Nantes le 19 janvier 2012, nous avons appris que le candidat socialiste a pour projet de supprimer cette loi en cas de victoire à la présidence de la République. En effet, selon François Hollande, la loi Hadopi est «dangereuse» dans le sens où elle oppose les créateurs et le public au lieu de les concilier.

Sa solution pour faire cesser cet affrontement? Faire voter une loi sur l’exception culturelle française, laquelle devrait permettre, d’une part, de «développer l’offre culturelle légale sur Internet en simplifiant la gestion des droits », et, d’autre part, d’«imposer à tous les acteurs de l’économie numérique une contribution au financement de la création artistique».

Très bien, nous sommes pour, mais comment compte-t-il faire cela concrètement?
François Hollande ne l’explique pas. Il reconnaît même que la solution n’a pas encore été trouvée.

Ce flou, évidemment, Nicolas Sarkozy s’en est immédiatement emparé.
Au cours de ses vœux au monde de la culture à Marseille, le 24 janvier 2012, le chef de l’Etat a joué au courageux défenseur des créateurs, comparant leur sort à celui de Mozart, congédié comme un laquais par le prince archevêque Colloredo:
« La différence entre Mozart et le créateur contemporain, c’est le droit d’auteur. Aujourd’hui, les milliers de clics de pirates pourraient remplacer les caprices des princes », a-t-il clamé haut et fort, se disant « sidéré » que François Hollande, qu’il n’a pas cité, veuille abroger la loi Hadopi, et par là-même capituler devant les terribles pirates.

Au final, entre coups bas et luttes de pouvoir, provocations et consensualité, l’importante question des droits d’auteurs n’est pas prête d’être résolue.
Au détriment, comme toujours, des principaux concernés.

Lire sur paris-art.com:
— Hadopi: François Hollande sait-il ce qu’il veut?
— Les Anonymous taguent la façade du siège parisien de l’Hadopi

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