DESIGN | EXPO

Pygmalion

08 Sep - 22 Oct 2011
Vernissage le 08 Oct 2011

Ils sont quatre designers parmi les meilleurs de la nouvelle génération, ils travaillent depuis plusieurs années dans les plus grands studios de design français, ils ont contribué directement à quelques unes des créations emblématiques de ce début de XXIe siècle, la Galerie Gosserez les a remarqués et leur offre une première carte blanche.

Piergil Fourquié, Thibaud Klepper, Julie Pfigersdorffer, Alfredo da Silva.
Pygmalion

Cette exposition, intitulée Pygmalion, permettra aux designers Piergil Fourquié, assistant d’Arik Lévy depuis six ans, Julie Pfigersdorffer aux côtés de Pierre Charpin depuis deux ans, Thibaud Klepper collaborateur de Patrick Norguet depuis autre ans et Alfredo da Silva chez Noé Duchaufour-Lawrance depuis bientôt deux ans, d’exprimer pleinement leur propre créativité en marge de leurs expériences professionnelles.
C’est également l’occasion pour la Galerie Gosserez de confirmer le rôle qu’elle entend jouer pour dénicher les talents, promouvoir la création à Paris et accélérer la carrière de ses meilleurs représentants.

Inspirée de l’univers du graffiti et de la technique photographique du «light painting», Alfredo Da Silva présente la lampe Chorégraphie, une signature lumineuse conçue comme une véritable sculpture. Résultat d’une combinaison entre l’intention et le geste, sa forme est à la fois contrôlée et improvisée. Pour le jeune designer, «laisser le geste guider le dessin d’une forme, c’est accepter d’être à la fois acteur et spectateur de la création, c’est laisser une place à l’improvisation et se laisser surprendre par le résultat».

Micro-architecture aérienne composée d’une structure en métal colorée coiffée d’un toit en feutre surpiqué sous lequel l’on vient placer une petite lanterne, Cahute de Piergil Fourquié est un projet qui fait appel à l’imaginaire enfantin.
La partie structurante peut devenir un petit guéridon pour permettre par exemple d’y poser ses dernières lectures. Elle symbolise un lieu de méditation et de réflexion.
La lampe est aimantée et amovible pour pouvoir la déplacer en fonction des besoins et en faire varier la lumière. Elle s’inspire des calumets amérindiens qui étaient utilisés pour sceller la paix entre deux tribus.

Thibaud Klepper présente Taille douce, une série de trois tables d’appoint, chacune taillée dans un bloc de granit noir, matériau peut utilisé dans le mobilier contemporain mais qui présente pourtant de riches possibilités de finitions, gravure et taille.
Les motifs qui apparaissent sur les plateaux rappellent les jeux de stratégie dont les contours sont gravés sur les tables des jardins publics dans certains pays d’Europe de l’Est.
Cette série de tables explore de nouvelles possibilités en jouant sur différents niveaux de finitions: de la texture évoquant le toucher du cuir à la gravure en creux révélant l’âme brute de la pierre noire, en passant par la matité d’une finition adoucie pour le piètement, qui confère au granit une teinte légèrement bleutée.

Fascinée par la beauté d’énormes billes de bois qui séchaient à l’air libre, Julie Pfligersdorffer a eu envie «d’utiliser ces bois dans leur état brut, en tenant compte de leur aspect massif et en acceptant, voire en magnifiant, les variations dues à leurs vieillissements: retraits, fissures, déformations…».
La pièce de bois constitue ainsi le socle de la bibliothèque Entre les branches, sur lequel sont assemblées et soudées des étagères en métal noir. Ces lignes épurées sont comme un geste de la main, des lignes dessinées sur papier. En les considérant dans leur ensemble, elles figurent instinctivement des éléments végétaux, des branches déployées sur un tronc d’arbre.
Les «vides» qui naissent entre ces lignes créent comme un jeu d’ombres chinoises, qui font naître un volume immatériel mais visible, et qui invitent à regarder l’objet et au travers de l’objet.
Les quatre pièces ont été découpées dans un seul tronc d’arbre, elles ont été conçues dans une même matrice. Cependant, chaque pièce est unique puisque le bois qui la constitue va prendre sa forme, son identité au fil du temps.
La bibliothèque est ainsi pensée comme une sculpture, elle peut être placée au centre d’une pièce et appréhendée sous des angles différents.