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Promenade avec l’amour et la mort

Communiqué de presse
Hervé Ic
Promenade avec l’amour et la mort

Hervé Ic peint des batailles navales, des bateaux du XVIIe siècle, des scènes de chasse un peu kitsch, des fleurs, en frises, des danseurs des éléments graphiques, des portraits de jeunes gens dans les raves, de la transparence, de l’évanescence, des rythmes, de la couleur. Il réinvestit des images trouvées dans l’iconographie du passé et du présent et des informations recueillies du flux informatique. Il travaille à l’ancienne, à l’huile, sur des sujets désuets, interroge la déstructuration et les mutations du monde actuel, analyse la visibilité et la perception de l’œuvre.

L’exposition se construit sur le principe d’un déambulatoire, entre obscurité et lumière, par une mise en espace de récits visuels autour de cinq thèmes, les scènes d’amour, les paysages, les lumières, les fleurs et les fonds.

«Historiquement, le déambulatoire apparaît au XI siècle. Il s’agit d’un couloir circulaire situé derrière l’abside qui invite les pèlerins à une marche méditative entre le chœur et les chapelles secondaires dans lesquelles sont exposées les reliques des saints. Littéralement, il s’agit d’une «Promenade avec l’Amour et la Mort». La référence au film de John Huston n’est pas fortuite. Le film, échappée poétique tragique entre la Sorbonne et la mer, se déroule en 1358 pendant la grande jacquerie paysanne, c’est-à-dire à l’époque architecturale du déambulatoire, et pendant des événements révolutionnaires qui nous parlent aujourd’hui.», écrit l’artiste.

Ces dispositifs, mis au point dans certains édifices romans et gothiques, lient directement l’action de marcher, l’émergence spirituelle et le passage, réel comme symbolique, de l’ombre à la lumière (ombre et lumière sont partie intégrante de l’édifice qui est lui-même un dispositif d’émergence).

Ce processus s’exacerbe avec l’époque romane puis gothique, moment d’un renouveau de la pensée théologique que l’on nomme «l’Humanisme roman». C’est ainsi que le vestibule d’entrée de l’église — avant-nef ou narthex —, est baigné de pénombre. Le corps est endormi. Le fidèle est aux portes de l’espace sacré, il attend la révélation. Une fois franchies les portes de la nef, il accède à un espace baigné de lumière, symbolique autant que réelle. Cette lumière signifie à son corps, biologiquement, qu’il doit se réveiller.

L’exposition invite à se promener autour et à travers l’espace. Son cœur est éclairé par une lumière naturelle adoucie et diffuse. L’autour est dégagé de façon à laisser un passage minimum longeant chaque face du cube. Un couloir. Un autour en lumière du jour naturelle et en quatre faces circonscrivant un dedans en pénombre. C’est une promenade en cinq thèmes.

«Aujourd’hui «le tout visible» envahit l’espace public, privé et intime, de sa lumière impératrice, scrutatrice et obscène, faisant de nos consciences le jeu d’un cynisme médiatique et inquisiteur. Il m’a semblé que l’œuvre pouvait alors s’offrir non comme l’objet éclairé d’une contemplation mais comme le chemin d’un passage méditatif qui mène de la lumière à l’ombre. Un éveil à l’obscurité, comme à la profondeur, de laquelle émerge cette seconde lumière. Une lumière de perception sans éclairage, sans autre source que celle des capacités de l’œil patient, qui créé intentionnellement cette lumière dont il a besoin pour voir. Qu’est ce que voir, si ce n’est la pensée visible du sens?»
Hervé Ic

Commissariat
Jackie-Ruth Meyer

Vernissage
Vendredi 4 juillet 2014 à 18h30