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Printed Matter

01 Mar - 05 Avr 2008

La nouvelle exposition de Joachim Schmid propose une réflexion autour des rebuts photographiques et de leurs détournements. Négatifs jetés, récupérés, déformés se superposent pour mieux dévoiler ce qui se cache derrière le sens premier d’une oeuvre.

Joachim Schmid
Printed Matter

Pour sa nouvelle exposition à Paris, l’artiste a choisi de présenter trois séries qui, réunies dans l’espace de la galerie, donnent l’opportunité d’accéder au travail que Joachim Schmid construit à partir de photographies trouvées. Cette exposition fait écho à la publication de Photowork 1982 – 2007,  premier ouvrage monographique, qui donne une large vision de son oeuvre, et à une exposition itinérante qui a débuté au Tang Museum de Saratoga Spring, New York, en 2007 et qui se trouve actuellement au BildMuseet d’Umea, en Suède.

La série Photogenetic Draft, qui date de 1991 est la plus directement liée au projet de recyclage photographique Erste allgemeine Altfotosammlung. L’artiste, qui a reçu les archives d’un studio photographique de Bavière, est dans un premier temps profondément dépité en constatant que les négatifs ont été coupés en deux pour éviter toute utilisation ultérieure.
Après une longue réflexion, Schmid réalise que la constance du point de vue du photographe et la standardisation de l’angle de prise de vue lui permettent d’assembler deux négatifs pour constituer une image “photogénétiquement assemblée”. Par la création de ces mutations photographiques qui composent la série, Schmid est parti de près de 200 négatifs. Il n’a au final sélectionné que 32 Photogenetic Draft pour éviter d’évidentes monstruosités, de mauvaises correspondances, recherchant des combinaisons qui ne
sont jamais cruelles ni dépossédées d’un certain humour. La série fonctionne autant comme un ensemble que comme des images autonomes.

De même que Berlin, avril 1986, l’ensemble des images de la série Arcana proviennent de négatifs trouvés par terre. Dans une certaine mesure, cette série se rapproche de Bilder vondes Strasse. Mais Schmid a sélectionné les images d’Arcana pour leur impact, retirant les négatifs dans lesquels figurent des scènes récurrentes. Les développer ce fut aussi révéler les secrets enfouis dans le négatif. Le format d’impression est proche de celui d’un tirage traditionnel noir et blanc, mais dévoiler la partie de film non exposé, les trous de calage du film, indique que cet ensemble est autre chose que des simples tirages photographiques.

Arcana
fonctionne comme un traité visuel de la nature silencieuse de la photographie en dépossédant l’artiste de la fonction d’allouer et d’affecter à l’image un sens. Ainsi le spectateur est laissé à sa libre interprétation, ce que l’on retrouve dans de nombreux travaux de l’artiste.

A l’origine, la série Meeting a été assemblée en 2003 pour une publication Meeting on Holiday. En 2007 l’artiste a sélectionné 12 images. Ces images recentrées sur les personnages sont issues de catalogues d’agences de voyage. Elles révèlent les stéréotypes de notre société, l’image du couple “blanc”, enfermé dans sa relation amoureuse. Cette série nous montre comment les images sont utilisées pour manipuler insidieusement nos esprits.

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Maxime Thieffine sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

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