ART | EXPO

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12 Nov - 14 Jan 2006

En s’emparant de la figure de Bambi, l’artiste norvégien joue avec l’imagerie enfantine autant qu’avec la représentation de la nature dans les arts. Un conte macabre qui invite à l’interprétation personnelle.

Communiqué de presse
Børre Sæthre
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Depuis le début, les œuvres de Børre Sæthre sont toujours engageantes, suggestives, conviviales et accueillantes pour le spectateur. Une sorte d’hospitalité inconditionnelle lui est offerte au côté de l’artiste, l’encourageant à délaisser ses rapports rationnels avec la réalité afin de pénétrer, l’espace d’un instant, dans l’univers étrange de ses installations où règne l’imaginaire et de l’emplir de récits et scénarios personnels. Ces œuvres, conçues très souvent comme des environnements totalement transfigurés, à mi-chemin entre décor de scène et de cinéma, sont à la fois des déclencheurs de sensations et les réceptacles d’un flot ininterrompu d’histoires inventées.

Pour l’exposition à la galerie Loevenbruck, Børre a créé une grande installation symbolique répartie sur deux salles reliées entre elles. On y retrouve les thèmes récurrents de son travail, des bambis et des éléments tirés de la nature. La première salle propose une variante artificielle des ingrédients naturels réunis dans la seconde. Tout gravite autour d’une daine morte qui gît sur l’estrade blanche de la salle rouge. L’autre salle abrite de jeunes daims au sein d’une imitation de leur environnement naturel, cerné par des murs de couleur froide.

«Powered by Zero», évocation paradoxale du ralenti des voitures ou du tarissement de toute l’énergie potentielle, ne signale pas la mort de l’auteur, même si l’artiste précise que l’on a affaire à la fin d’un cycle, à l’épuisement d’une source d’inspiration. Comme dans d’autres œuvres où Børre a employé le répertoire animalier, il s’agit de «montrer les choses cachées d’un monde secret sans le faire de manière gênante», trop directe et agressive. Nous découvrons ici la mort d’un membre important et bien-aimé de la famille, la mort de la nature, la fin d’un cycle, le moteur qui tourne en faisant du sur-place. C’est avant tout une invitation à explorer avec curiosité la situation inexpliquée qui nous est présentée, et une invitation à la revêtir de nos récits personnels.

Natasa Petresin (Traduction Jeanne Bouniort)

Nous vous incitons à aller lire l’article rédigé par Nicolas Bauche sur cette exposition.

Børre Sæthre
Né en 1967. Vit et travaille à New York, Berlin et Oslo.

critique

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