ART | EXPO

Pierre Wemaëre (1913-2010), Rétrospective de dessins

19 Juin - 19 Sep 2010
Vernissage le 19 Juin 2010

Réalisés avec spontanéité, les dessins de Pierre Wemaëre sont hantés de motifs et de thèmes récurrents, donnant lieu à de multiples variations et champs d’expérimentation.

Communiqué de presse
Pierre Wemaëre
Pierre Wemaëre (1913-2010), Rétrospective de dessins

Fruit d’une rencontre à la fin 2007 avec Pierre Wemaëre, cette exposition, pensée comme une rétrospective, celle de l’oeuvre dessiné de toute une vie, devient finalement un hommage à l’artiste, décédé le 8 janvier 2010, à l’âge de 96 ans.

Présentée du 19 juin au 19 septembre 2010 dans le cabinet d’arts graphiques du LAAC, elle dévoile pour la première fois en France, la part la plus intime et la plus secrète du travail de l’artiste: ses dessins.

Du parc de Versailles à l’atelier de Fernand Léger Pierre Wemaëre commence à peindre en 1933; sans formation, il se cherche des maîtres. Figuratif, il s’essaie d’abord en 1935 au genre post-impressionniste.

L’année 1936 marque un grand tournant et un bouleversement: il apprend la géométrisation des formes, les aplats de couleur pure à l’atelier de Fernand Léger dont il est élève. Il y rencontre Asger Jorn, artiste danois, futur co-fondateur du groupe CoBrA. Les deux artistes se lient d’une amitié sincère et voyagent ensemble au Danemark et en Norvège.

En 1938, il découvre, à Paris, des oeuvres de Vassily Kandinsky et Paul Klee qui le séduisent par leur lyrisme et leur liberté. Il s’affranchit alors de la vision de Léger et progresse vers l’abstraction.

Pierre Wemaëre prend conscience qu’un tableau n’est pas une tranche de la vision quotidienne mais une composition, une création. Il trouve enfin sa voie, abandonne les aplats et, très vite, compose des oeuvres qui expriment le mouvement et font vibrer la couleur, qu’il manipule avec brio.

Une oeuvre cyclique aux motifs récurrents
Si les dessins de Pierre Wemaëre, sans titre, sont réalisés avec spontanéité, sans lien prédéterminé, plusieurs finissent par constituer, à l’instar de ses peintures, des séries comme «Les Envols» 1957.

Des motifs ou des thèmes apparaissent de manière récurrente: visages, figures, créatures, paysages qui hantent l’oeuvre de l’artiste tout au long de sa carrière, donnant lieu à de multiples variations et champs d’expérimentation.

La sélection du LAAC
Le LAAC propose un voyage au coeur de l’oeuvre graphique de l’artiste à la lumière d’une thématique: la figure humaine.

Ce thème, développé par Pierre Wemaëre bien au-delà des oeuvres graphiques, apparaît dès 1938, et fait dès lors l’objet de différentes séries telles celles des «têtes fantômes» ou des «têtes doubles».

Une cinquantaine d’oeuvres, de formats variés, réalisées entre 1938 et 2009 et choisies dans l’atelier versaillais de l’artiste, ont été retenues; présentées de manière chronologique, elles illustrent la démarche et l’évolution du travail graphique de Pierre Wemaëre.

Gouache, aquarelle, craie grasse, encre de Chine, les média s’entremêlent, se superposent, s’annihilent ou se mettent mutuellement en valeur, le tout dans un formidable jaillissement de couleurs, de plus en plus vives, dans un envol de traits de plus en plus animés.

Quelques dessins en noir et blanc, à l’encre de Chine, arrêteront sans doute le visiteur, témoignage de la prédilection de l’artiste pour cette technique, présente dans la plupart de ses oeuvres, qui souligne, par un léger tracé, l’expression de la couleur et du geste.

Une partie des oeuvres présentées est issue de carnets: «carnets d’études», dans lequel l’artiste a laissé libre cours à son inspiration, ou «carnets constitués» par l’artiste qui a réuni a posteriori des dessins isolés en les enveloppant d’une couverture cartonnée, sorte d’écrin.

Certains carnets, trop fragiles pour être exposés, sont présentés au visiteur sous forme de diaporama. Enfin, un film sur la vie de Pierre Wemaëre est projeté pour la première fois au coeur de l’exposition.