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Pictures for nothing

09 Jan - 08 Mar 2013
Vernissage le 09 Jan 2013

Les images de Sarah Ritter, à la lisière du portrait et du paysage, ne racontent pas, elles évoquent, loin de l’affirmation. Ses «images émotives» sont des vues de fragments, des éclats de vies. Les photographies de l’artiste bisontine laissent planer le doute, l’ambiguïté, tout en attisant le regard.

Sarah Ritter
Pictures for nothing

«On attend souvent de la photographie, encore aujourd’hui, qu’elle atteste du monde. Qu’elle renvoie à ce que l’on appelle rapidement la réalité, le vrai, les faits, qu’elle soit définition de quelque chose, qu’elle nous aide à circonscrire le monde, telle une prothèse du discours.

Dans mon travail, les images aspirent à autre chose, expriment-expirent autrement, dans cet entre-deux du réel qu’est l’imaginaire, l’affect, la projection. Les mots de Walter Benjamin, “l’inconscient optique” hante ce propos, essayant d’atteindre à une présentation verbale (et on l’espère non verbeuse) des images – cet autre du discours.

Il est question de laisser planer le doute, l’ambiguïté, effroi des rationalistes. Il s’agit de laisser regards et sensibles s’entremêler pour qu’une histoire, des histoires puissent émerger ici pour chacun(e). Les photographies sont des vues sur des fragments, des éclats de nos vies, nostalgie et tension mêlées. Au fond, l’affect.

C’est l’ensemble des photographies qui produit la narration, narration éclatée. Il apparaît comme un chemin intérieur. Les images sont émotives. Du réel surgit le mouvement confus et précis à la fois de l’évocation affective. Les photographies appellent le récit tout en empêchant sa clôture, elles attisent le regard tout en ne donnant pas la clé de cette tension.

Les images sont comme une intimité des surfaces. Au cœur de cette intention aveugle, le montage. Le montage des images entre elles comme un chœur d’images, comme l’équivocité foncière de l’image -et son respect». (Sarah Ritter)

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