PHOTO | CRITIQUE

Photographies 1999-2004

PClémentine Aubry
@12 Jan 2008

A de rares exceptions près, Agnès Propeck ne crée des installations d’objets que pour les photographier. Travail minimal et minutieux sur les sensations, la mémoire collective et sur la notion de représentation.

A l’image des installations qui leur donnent naissance, les photographies d’Agnès Propeck sont fragiles et minutieuses. Elles re-présentent le monde sous forme d’associations subtiles et intimes, comme des allusions au réel, qui empruntent à l’esthétique du détournement sans quitter la poésie de l’ordinaire.

Sans titre, leur contenu est révélé entre parenthèses : Glaçon 1 et Glaçon 2, Bosse, Rougir, Persil dans les oreilles ou Voie lactée. L’artiste travaille sur le non visible des sensations et de la mémoire collective, sur le déjà-vu et le déjà-vécu (Ca colle aux doigts, Poussière).
Les images parfois proches de petites saynètes, comme ces petits lapins-glaçons adoptant en fondant des positions érotiques, agissent avec une économie de moyens sur le conscient et l’inconscient du visiteur.

L’artiste s’intéresse au processus long ou immédiat qui conduit de l’idée à sa représentation. Elle construit puis photographie des dispositifs réalisés avec les moyens du bord : des peluches de poussière, des agencements d’objets ou de petites sculptures, etc. Les photographies sont tirées en petits ou grands formats en fonction de l’esprit de chaque installation.

Ces installations préparatoires ne sont jamais exposées en tant que telles, à la seule exception du Collier dit de la reine entièrement composé de pâtes alimentaires percées et cousues, trônant dans une vitrine au centre de la galerie, face à son image photographique exposée en grand format sur le mur voisin.

Agnès Propeck joue avec le contraste des échelles, entre l’idée et son actualisation, entre le dispositif construit posé sur le sol de l’atelier et sa photographie accrochée au mur.
Le format participe à l’expression, comme pour les petites photographies aux couleurs laiteuses (Rougir, Persil dans les oreilles, Poil dans la main, Ca colle aux doigts) exposées en série telles des miniatures, ou pour Voie lactée, sérigraphie sur toile de grand format qui représente une tente éclairée de l’intérieur et percée de petites ouvertures pour créer l’illusion qu’elle renferme toute une nuit étoilée.

Agnès Propeck :
— Sans titre (Persil dans les oreilles), 1999. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Voie lactée), 1999. Sérigraphie sur bâche. 140 x 185 cm.
— Sans titre (Poussière), 2000. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Bosse), 2001. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Ca colle aux doigts), 2001. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Rougir), 2001. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Glaçons 1), 2001. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Glaçons 2), 2002. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Glaçons 3), 2002. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Poil dans la main), 2003. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Voleur), 2003. Photo. 26,5 x 22,5 cm.
— Sans titre (Porter sur le dos), 2003. Photo. 111 x 147 cm.
— Sans titre (Le collier dit de la Reine), 2004. Photo. 111 x 147 cm.

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