ART | EXPO

Persistance is all

18 Jan - 19 Avr 2008
Vernissage le 17 Jan 2008

Qu’il endosse l’étiquette de plasticien, de curator, de galeriste ou de chef du label Optical Sound, Pierre Beloüin ancre son travail dans l’univers musical et les références à la culture underground. Dans cette exposition personnelle, ses œuvres entrent en résonance avec la musique du groupe de musique industrielle Coil.

Pierre Beloüin
Persistance is all

« Tout ce que je sais d’important sur l’art de la performance, je l’ai appris de ces deux concerts » a déclaré Mike Kelley, à propos de deux lives, l’un de Sun Ra (1973), l’autre de Iggy Pop and the Stooges (1974). Le travail de Pierre Belouin s’inscrit précisément dans la niche des artistes qui ont tout appris ou presque de l’expérience musicale. Mais ce n’est pas seulement parce que son avatar d’artiste le plus connu est L’homme Orchestre, ni parce qu’il s’occupe depuis 10 ans maintenant du label Optical Sound, ni même parce qu’il est entré dans l’art par la musique, travaillant d’emblée à la frontière du visuel et du sonore, dès ses études à L’École Nationale des Beaux-Arts de Paris. C’est surtout parce que son travail et ses activités sont ancrés dans la culture underground, historiquement liée d’ailleurs à la musique. En connaisseur et fan, il multiplie donc les hommages, à Gysin et Burroughs, au fétichisme 50’s, au psychobilly, à l’érotisme 70’s, à la musique industrielle, et à la cold wave, aux séries B ou à l’univers des freaks. On pourra citer les très chics et sportives Auston-Healey de Str Crash, l’exotica de L’Homme Orchestre v2, les pin-ups et Milky Woman, sortie tout droit, avec ses attributs, d’un film de Russmeyer ou d’une peinture de Mel Ramos.

«Persistence is all», première exposition personnelle de l’artiste, est elle aussi placée sous le signe de la référence, plus précisément à Coil, groupe de musique industrielle anglais : sa courte phrase de titre est en effet tirée d’un néon (une sculpture ?) disposé dans le salon de Threshold House, la maison du groupe qu’on peut apercevoir dans un documentaire anglais de 2001, Hello Culture. Et c’est aussi le titre d’un live du groupe, en 2000. « Persistence is all », sentence à la fois définitive et mystérieuse, ne signifie peut-être rien d’autre que la nécessité d’être tenace et exigeant, ou plus directement encore, de résister au suicide programmé des objets dans la culture commerciale. Multi-plateforme, plasticien, chef de label, curateur, Pierre Beloüin joue sur tous les fronts de la résistance underground.

Jill Gasparina