ART | EXPO

Peintures – Fusains

05 Sep - 31 Oct 2015
Vernissage le 05 Sep 2015

L’exposition «Peintures-Fusains» permet de découvrir une vingtaine d’œuvres d’Eugène Leroy. Ce grand peintre du Nord, né à Tourcoing en 1910 et mort en 2000, a longuement exploré les possibilités multiples de la matière. Sont exposés ici, des fusains sur papier et une dizaine de peintures à l’huile fruits de la production de la dernière décennie de sa vie.

Eugène Leroy
Peintures – Fusains

Fusionnant les héritages les plus divers, de Rembrandt à Malevitch en passant par Jean Fautrier, Eugène Leroy explore les possibilités multiples de la matière, déployant une science des empâtements qui confère un relief incomparable à ses peintures. Cette opacité paradoxale, faite de lumières et de couleurs, donne au regardeur l’impression de «pénétrer dans une caverne» comme le dira l’un de ses plus grands admirateurs, le peintre allemand Georg Baselitz: «Je trouvais là des images brunes comme champs, comme pierre, comme bois, comme mousse, comme senteur» raconte-t-il, témoignant de sa première rencontre avec l’œuvre d’Eugène Leroy, «comme si tous les pantalons du peintre étaient suspendus à un crochet et racontaient l’histoire d’un chef d’œuvre inconnu».

L’exposition «Peintures-Fusains» permet de découvrir une vingtaine d’œuvres, des fusains sur papier et une dizaine de peintures à l’huile, de moyens et de grands formats, fruits de la production de la dernière décennie de sa vie, de 1989 à 1999 — capitale puisque l’artiste voit son œuvre accéder à une reconnaissance internationale. Celle-ci s’illustre notamment par les participations consécutives d’Eugène Leroy à la Biennale de Sao Paulo (1990) et à la Documenta de Kassel (1991) tandis que l’artiste poursuit sa trajectoire personnelle, résolument en marge des tendances dominantes de l’époque. S’en suivront deux rétrospectives majeures au Musée d’art moderne de Nice en 1993 et au Kunstverein de Düsseldorf en juillet 2000, trois mois après le décès de l’artiste dans sa maison-atelier de Wasquehal.

L’exposition est également l’occasion de mettre en lumière cinq huiles sur toile d’importance majeure datées entre 1988 et 1991. Pour un corps de femme, Seuls, Homme en croix, Lumières sur Marina, La marée, Noël 88, Lumières d’hiver… Evocateurs, les titres des œuvres d’Eugène Leroy présentées à la Galerie Nathalie Obadia traduisent son attention constante portée à la lumière et la représentation humaine; sa façon de se heurter à ses sujets qu’il semble apprivoiser par la peinture pour en nier ensuite les contours; sa tentative pour en capter l’essence tout en en préservant le mystère, enfouit sous l’accumulation des couches, ajoutées années après années, façonnant un visage, un corps, un paysage.

Les dessins obéissent à la même préoccupation, comme le remarque justement le critique d’art Denys Zacharopoulos: «mais c’est de l’ombre, faite de multiple traits de fusain entrecroisés ou estompés, qu’émergent les corps et les visages comme des apparitions». (Eugène Leroy, Domaine de Kerguéhennec, Centre d’Art Contemporain/ La Criée, Centre d’art Contemporain/ Musée des Beaux-Arts de Rennes, sous la direction de Denys Zacharopoulos, réalisation et édition Luc Derycke, p.9)

A travers cette exposition proposant au regardeur une sorte d’épiphanie visuelle et une véritable « fête des sens», la Galerie Nathalie Obadia rend hommage à l’un des plus grands peintres français de la seconde moitié du XXème siècle.

Eugène Leroy est né à Tourcoing en 1910 et décédé en 2000 à Wasquehal. Malgré ses participations remarquées à la Biennale de Sao Paolo en 1990 et à la Documenta de Kassel en 1991, son œuvre reste longtemps méconnue en raison de sa singularité. Elle fait l’objet depuis une quinzaine d’année d’une véritable relecture de la part des institutions, du marché, et d’une nouvelle génération d’artistes, aux premiers rangs desquels se trouve le peintre allemand Georg Baselitz qui contribue à la nouvelle reconnaissance de son œuvre.

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