ART | EXPO

Paysages / Extérieur-Nuit (2e partie)

03 Mai - 26 Mai 2012
Vernissage le 03 Mai 2012

Pour le deuxième volet de son exposition "Paysages / Extérieur-Nuit", Michaële-Andréa Schatt révèle les dessous de sa peinture, sa part d'ombre qui traverse depuis longtemps son travail en peinture, en dessin, en photo, mais aussi en céramique. A partir des paysages, ses œuvres explorent deux nouveaux supports: la carte et le calque.

Michaële-Andréa Schatt
Paysages / Extérieur-Nuit

Dans la précédente exposition de Michaële-Andréa Schatt, les «Paysages en ose» la ritournelle de Duchamp s’annonçait comme une invitation à s’engager sans retenue dans une pratique de la peinture de paysage, le rose peint en superposition venait masquer, malmener, contaminer le paysage vu.

Pour sortir la lumière de l’ombre, la révéler au sens photographique, cinématographique, Michaële-Andréa Schatt travaille ses peintures à partir de préparations noires. La présence du Noir est déterminante dans ces Extérieur-Nuit. Il s’agit ici pour l’artiste de peindre à l’inverse de son travail habituel, où les fonds étaient préparés dans un blanc éclatant.

Dans sa réflexion autour du paysage lors d’une résidence au Domaine de Kerguéhennec en 2011, Michaële-Andréa Schatt expérimente deux logiques qu’elle déploie: celle de la carte et celle du calque.
La carte joue de l’opacité, de l’étendue, de l’horizontalité (les peintures sur toile). Schatt cartographie les lieux environnants par des peintures sombres, horizontales, denses, organisées en diptyques ou triptyques, ainsi que dans ses photographies et dans la suite de dessins Noir d’y voir (encre de Chine et gouache).
Elle s’approprie un nouveau support, le calque et s’imprègne des lieux (étangs, sources) par un jeu de transparences, de superpositions, de verticalité, de reflets. Ce support lui permet de jouer de la transparence, de la fluidité, dévoilant ainsi un « Rorschach » horizontal dans le pli du paysage.

Michaële-Andréa Schatt a réalisé une série de photographies argentiques noir et blanc avec un appareil «demi-format» qui lui permet de juxtaposer deux photos consécutives d’un même lieu. Captation du mouvement des ombres, de la dimension sonore du lieu, vibrations, musicalité et rythmes — que l’on retrouve dans la série de dessins sur papier millimétré. Il s’agit d’inscrire une sorte d’arrêt sur image, immobile dans la mobilité, mobile dans l’immobilité.

«Obscurité et ombre sont deux notions qui tissent et traversent toute représentation. Cette pénombre, mémoire en creux, révèle l’exemple constant d’une topographie variable des perceptions et des expériences: se perdre dans ce creux, ressentir une semi-obscurité l’ampleur d’une vacuité, d’une absence, le poids de l’ombre, sa forme, sa couleur, son étrangeté, une réponse en négatif à l’œil solaire».

Michaële-Andréa Schatt, 2011.

Vernissage
Jeudi 3 mai 2012