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Au propre comme au figuré

15 Nov - 18 Jan 2020
Vernissage le 14 Nov 2019

L’exposition « Au propre comme au figuré » à la galerie parisienne Les Douches présente trois ensembles photographiques de Paul Pouvreau qui, depuis presque quarante ans, détourne les objets ordinaires issus de nos modes de consommation pour engager une réflexion sur la représentation, la beauté, le naturel et l’artificiel, le réel et le fictif.

L’exposition « Au propre comme au figuré » à la galerie Les Douches, à Paris, revient sur l’œuvre de Paul Pouvreau à travers trois ensembles photographiques, Faits divers, réalisé en 2003, Mascarades, en cours depuis 2015 et Les invasives, en cours depuis 2018. Ces trois propositions sont traversées par des réflexions communes sur l’image, la représentation, la beauté, le déchet, la nature et l’artificiel.

« Au propre comme au figuré » : photos de Paul Pouvreau à la galerie Les Douches

L’œuvre photographique développée depuis le début des années 1980 par Paul Pouvreau repose sur la mise en scène sous formes d’installations d’objets du quotidien, ordinaires et souvent destinés au rebut : des ustensiles ménagers, des sacs en plastique, des cartons et parfois même de la poussière. A partir de ces éléments concrets du réel mais aussi de références puisées dans l’histoire de l’art, le photographe entend « porter une attention à ces petits riens dans lesquels se loge souvent presque tout ».

L’ensemble intitulé Faits divers reprend le procédé du « packshot » utilisé dans le mode de la publicité et qui consiste à photographier un objet sur un fond neutre. Ici, ce sont de simples sacs plastiques qui sont disposés de telle façon qu’ils quittent le registre de l’emballage pour adopter des formes sculpturales. La juxtaposition de signes et de formes colorées, l’éloignement de l’usage habituel de ces produits de consommation génèrent des ambivalences entre le naturel et le fabriqué, le sujet et l’objet, le réel et la fiction.

Paul Pouvreau s’interroge sur la beauté, la nature, l’artifice

Dans l’ensemble Mascarades, des publicités de grandes marques glanées par Paul Pouvreau dans des magazines font l’objet de collages, les visages parfaits des mannequins sur papier glacé étant recouverts de divers objets et matériaux comme des aiguilles, des punaises, des pétales, du sel, des élastiques ou des pétales de fleurs fanées et ainsi remodelés, transformés en masques. Ces collages éphémères fixés par la photographie renversent l’habituelle représentation idéalisée et lisse de l’homme et de la femme et rappellent l’aspect périssable de la beauté et de tout ce qui nous entoure.

Avec l’ensemble Les invasives, par un travail d’assemblage, de manipulation et de juxtaposition de sacs plastiques colorés, Paul Pouvreau crée des bouquets artificiels à la fois familiers et étranges qui mettent en lumière les paradoxes qui agitent notre société tiraillée entre des injonctions contradictoires, entre stimulation du désir de consommer et incitation à participer à la protection de l’environnement.

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