PHOTO

Passion

06 Oct - 10 Oct 2010
Vernissage le 06 Oct 2010

La chorégraphe allemande, après ses incursions dans les univers de Dido and Aeneas, Roméo et Juliette et Medea, retrouve les chemins de l’opéra en compagnie du compositeur français Pascal Dusapin. Une chorégraphie au coeur même d’un rituel vieux comme le monde: celui du duo, du couple.

Communiqué de presse
Sasha Waltz, Pascal Dusapin
Passion

Horaires: du mercredi 6 octobre, 19h30 au dimanche 10 octobre, 17h. Relâche le jeudi et le samedi. 
Durée: 1h30

— Livret: Pascal Dusapin (2008), avec la collaboration de Rita de Letteriis
— Création chorégraphique, mise en scène, décors: Sasha Waltz
— Direction musicale: Franck Ollu
— Décors, lumières: Thilo Reuther
— Costumes: Hussein Chalayan
— Dispositif électroacoustique: Thierry Coduys
— Dramaturgie: Ilka Seifert
— Lei: Barbara Hannigan
— Lui: Georg Nigl

Passion est le second opéra de Pascal Dusapin — après Medeamaterial — à «explorer» l’univers baroque. En effet, le compositeur y revendique haut et fort l’esprit de Monteverdi et tout particulièrement celui de L’Orfeo, oeuvre emblématique par excellence puisqu’à la source même de toute l’histoire de l’opéra moderne.

«Dans Passion, il y a deux personnages. Lei, une femme, Lui, un homme. Les autres s’appellent Gli altri (les autres). Lui, Lei, Gli altri, on ne saura pas qui ils sont, parce qu’il n’est pas si important de le dire, et que tout le monde le sait. Il y aussi un serpent que l’on ne voit pas, mais on sait bien qu’il est par-là… Lei et Lui sont animés par un perpétuel transport d’une passion à l’autre. C’est un franchissement, comme une initiation. Leurs passions s’apposent, s’opposent et se divisent en de multiples chemins traversés par la peur, la joie, la douleur, l’effroi, le désir, le ravissement, la peine, l’amour, la colère. Mais Lei refusera de remonter vers le soleil parce qu’elle connaît la fin de cette histoire-là. Lui, que tout affecte mais qui toujours, s’apprête à soutenir la guerre, se laissera enfouir à jamais, avec Lei, dans cet antre obscur, dont il sait que pour retourner au soleil, le chemin est fermé.» (Dante)

Nous voici donc au coeur même d’un rituel vieux comme le monde, celui du couple, du duo, du masculin-féminin, du corps à corps, une thématique qui ne pouvait que séduire Sasha Waltz. A la différence d’autres spectacles précédents, elle a pu cette fois-ci travailler dès les premières répétitions avec les deux solistes, tous deux ainsi fortement impliqués dans le processus dramaturgique et chorégraphique au même titre que les danseurs de sa compagnie.

Passion, malgré — ou peut être à cause de — sa thématique universelle s’inscrit musicalement dans une certaine forme d’intimité bien qu’il s’agisse d’un ouvrage éminemment polyphonique. L’oeuvre est servie par une formation instrumentale assez classique (flûte, hautbois, cor anglais, clarinette, clarinette basse, basson, cor, trompette, trombone, harpe, un clavecin baroque à deux claviers, clavier électronique, violons, alto, violoncelle, contrebasse, un oud et un dispositif électronique imaginé avec son fidèle complice Thierry Coduys) offrant une matière musicale intense et profonde où viennent s’épanouir les différentes étapes d’une dramaturgie des passions. Le chant de deux solistes y trouve naturellement sa place et grâce à un dispositif électro-acoustique particulier (les chanteurs sont équipés de capteurs musculaires posés sur leur gorge, permettant d’entendre leur énergie physique au plus proche), leur corps devient à proprement parler un instrument musical en soi, une idée très présente dans toute l’oeuvre vocale du compositeur depuis longtemps.

«Comme Lei et Lui, animés par le transport perpétuel d’une passion à l’autre, j’ai rêvé une musique où le son et le mot ne puissent jamais être distingués l’un de l’autre».