ART | PARCOURS

Parade #4

17 Sep - 09 Jan 2005

Un parcours ludique et spectaculaire à travers le monde des médias. Avec humour et dérision, Wang Du offre son point de vue critique sur les comptes-rendus proposés par les médias. Le spectateur déambule dans un enchaînement d’environnements sculpturaux, entre une femme africaine victime de la famine et un Bush faisant des altères avec Stalone.

Wang Du
Parade #4

Après son passage à la Criée à Rennes, au Rectangle à Lyon et aux Abattoirs à Toulouse, la «Wang Du Parade», premier grand événement consacré en France à l’artiste d’origine chinoise Wang Du, arrive en septembre 2004 au Palais de Tokyo, site de création contemporaine à Paris. Articulée autour de l’œuvre majeure Défilé, la «Wang Du Parade» propose à chaque nouvelle étape des œuvres récentes ou nouvelles — coproduites par l’ensemble des institutions partenaires de ce projet — et offre au spectateur une multiplicité de points de vue.

Au Palais de Tokyo, l’étape # 4 de la «Wang Du Parade» présente un parcours ludique et spectaculaire à travers l’œuvre de l’artiste et le monde des médias. Cette exposition est conçue comme un enchaînement d’environnements sculpturaux au sein desquels le spectateur est introduit physiquement d’une réalité médiatique à une autre. Les deux œuvres, le Tunnel d’espace-temps et oaribbeancom, spécialement créées pour cette exposition, sont accompagnées du Tapis volant, de World Markets et de Défilé.

Impressionné dès son arrivée à Paris en 1990 par le flot d’informations généré par la société occidentale, Wang Du s’intéresse à cet univers médiatique, qui devient, dès lors, la source de son travail. A partir d’images qu’il extrait de la presse écrite, de la télévision ou d’Internet, il réalise des sculptures ou installations monumentales, s’empare et se joue des médias et de leur langage. D’une représentation plane et distancée à une représentation matérielle et démesurée, Wang Du lève le « filtre médiatique » et offre une relation plus directe au monde des médias.

Le Tunnel d’espace-temps propose au spectateur une traversée des médias: «dans un même espace, on peut voir des Africains victimes de la famine et le paysage bucolique des lieux de vacances de la famille royale britannique… on peut entendre que la guerre et la politique sont liées, que les recherches scientifiques et les obsessions des êtres humains sont synchroniques…» En arpentant ce tunnel, le spectateur se trouve immergé dans un flux médiatique, recréé par plus de 60 téléviseurs imbriqués dans un amas de journaux et de magazines, qui retransmettent des chaînes aux provenances et aux thématiques variées. «Les médias sont-ils les nerfs de la réalité ? Avec leur omniprésence, leur pouvoir absolu et leur capacité d’infiltration, les médias influencent la société ainsi que la pensée et le comportement des gens à tous niveaux. […] Nous sommes devenus à la fois des consommateurs de médias et des objets consommés par les médias.»

L’installation oaribbeancom reproduit la page d’accueil d’un site web érotique japonais sur laquelle une silhouette féminine est laissée en réserve, comme pour signifier la porte d’entrée vers un monde virtuel. Cette même forme se démultiplie en trois dimensions dans l’espace, tels dix gigantesques clones féminins aux jambes interminables.