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Parachute n° 119 : Humain-IA

Première partie d’une réflexion menée par la revue canadienne sur les interférences entre la création contemporaine et l’intelligence artificielle. Un premier numéro qui se penche sur les artistes qui, soit se servent de ces techniques pour leur travail, soit s’interrogent à travers leur art sur son utilisation et ses conséquences.

— Directrice de la publication : Chantal Pontbriand
— Éditeur : Parachute, Montréal
— Parution : juil.-sept. 2005
— Format : 16 x 24 cm (inclus, le supplément Para-Para- n° 19)
— Illustrations : nombreuses, en couleurs et en noir et blanc
— Pages : 172
— Langues : français, anglais
— ISSN : 0318-7020
— Prix : 20 €

EXTRA HUMAIN… saisir l’insaisissable
par Chantal Pontbriand (extraits, p. 20 et 22)

Extra humain… que cherche-t-on à comprendre par ce néologisme bizarroï;de qui recouvre deux numéros de Parachute ? À travers les pratiques d’aujourd’hui, il s’agit de tracer quelques voies, celles qui se rapprochent des sciences cognitives et de l’intelligence artificielle. Ce sont deux domaines qui s’enchevêtrent et se voisinent dans l’univers de la pensée contemporaine. Ils nous interpellent vivement parce qu’ils s’adressent à l’esprit humain, cette conscience du monde qui fascine et permet d’agir, qui émerveille et avec laquelle l’humain lui-même ne cesse de vouloir rivaliser depuis la nuit des temps. À partir des premiers humains, la question de la tekhnê surgit.
L’homme met en place des dispositifs techniques qui lui permettent de traduire son intelligence sous la forme de dispositifs techniques, à prime abord mécaniques, qui ont pour but d’accroître ses potentialités dans le monde : mieux survivre dans un environnement qui est le sien, accroître son territoire. Il s’agit d’un début d’économie et d’enjeux politiques, lesquels, sous des formes fort complexifiées, nous parviennent jusque dans ces temps postmodernes. Les sciences cognitives tiendraient de ce désir de mieux saisir ce mystérieux esprit humain, cette partie de nous-même qui, au-delà de la rationalité des idées et de l’irrationnel du réel, nous permet d’appréhender le monde de façon créative et novatrice, de satisfaire notre besoin de changement et d’adaptabilité, de trouver dans le monde motivation et émerveillement, force et courage, volonté d’être.
(…)
Comment les artistes d’aujourd’hui s’adressent-ils à ce monde en transformation, fortement affecté par l’apport des sciences cognitives et de l’intelligence artificielle ? Ce premier numéro prend le parti, pour ainsi dire, de l’intelligence artificielle et s’intéresse à des artistes qui ont tenté de produire de l’art en en faisant usage, ou dont l’art devient un analyseur de son fonctionnement et de ses effets. Un deuxième numéro de Parachute, à paraître au début de 2006, se concentrera davantage sur le cognitif et sur le rôle des technologies utilisées dans l’art et développées parallèlement aux sciences cognitives.

(Texte publié avec l’aimable autorisation de Parachute — Tous droits réservés)