ART | EXPO

Paperolles

24 Mar - 28 Mai 2016
Vernissage le 24 Mar 2016

L’exposition «Paperolles» met en scène l’écriture sous des formes multiples, parfois à la lisière de l’indiscipline mais toujours en effervescence. En faisant parler le graphisme à l’envers des mots, les œuvres des sept artistes exposés mettent le signifié au service de l‘écriture – et non l’inverse, comme on en a l’habitude.

Nicolas Aiello, Jean-Phillipe Basello, Laurence Cathala, Caroline Delieutraz, Vincent Labaume, Jean-Christophe Norman, Estefanía Peñafiel Loaiza
Paperolles

Les paperolles sont de petits fragments de papier collés sur les feuillets du texte principal, à la marge de la pensée première de l’auteur. Marcel Proust, notamment, a beaucoup eu recours à cette technique. Dans cette exposition du même nom, il est également question de ces marges, de l’écriture qui se décentre et vagabonde sur des territoires bien plus vastes que ce à quoi les règles de syntaxe veulent la circonscrire.

«Paperolles» réunit sept artistes qui partagent un goût pour une forme d’écriture dessinée, développée dans tous les médiums: dessin mais aussi estampe, vidéo, photo ou performance. S’inscrivant dans une lignée «écrituriste» amorcée au tournant des années 1960 – avec entre autres les graphies indéchiffrables de Mirtha Dermisache, les alphabets imaginaires de Palanc ou encore la mystique Écriture rose de Simon Hantaï – les œuvres exposées dans «Paperolles» partagent l’impératif de la transcription, la narration par d’autres moyens. Hautement graphiques, ces formes n’en sont pas moins, pour la plupart d’entre elles, mouvantes et joueuses, accessibles de par leur éclatante dérision.

Qu’elle se fasse quotidienne ou précieuse, ronde ou nerveuse, minimaliste ou bavarde, l’écriture est ici en perpétuelle réinvention. En inversant parfois judicieusement les rôles, elle n’est plus au service du contenu ; c’est même lui qui, dans le fond, la révèle dans toute sa forme.

Du plus petit dénominateur commun exploitée par Jean-Philippe Basello à travers la signature d’Obama, aux cartes figurant des espaces imaginaires chez Vincent Labaume, tous se penchent sur des fonctionnalités polymorphes du mot, de la phrase ou de l’écriture. La correspondance épistolaire est au centre de l’œuvre de Laurence Cathala, la lecture et l’appropriation de textes littéraires sont questionnées dans le travail d’Estefanía Peñafiel Loaiza ou Jean-Christophe Norman. Nicolas Aiello, quant à lui, met en œuvre le flux des injonctions publicitaires et l’oeuvre de Caroline Delieutraz reprend l’Origine du monde de Gustave Courbet en Art ASCII (caractères d’ordinateur).