ART | EXPO

Pam

21 Mar - 10 Mai 2014
Vernissage le 21 Mar 2014

Quatre peintures d’une même personne, produites à vingt ans d’écart, faisant référence à une peinture sur panneau de bois pentagonal de 1992 qui dépeint l’artiste avec Pam, dans son intérieur d’alors. Il s’agit pour l’artiste, par le retour à la peinture à l’huile, de revenir sur un visage qu’elle a associé à l’histoire de la peinture européenne.

Monica Majoli
Pam

L’exposition est constituée de quatre peintures d’une même personne, produites à vingt ans d’écart. Trois portraits récents rappellent la technique que Monica Majoli développe depuis 2008, de la série des Black Mirrors, photographiant ses amantes dans les miroirs noirs qui couvrent une pièce de sa maison à Los Angeles — mais l’obstruction visuelle de l’obscurité y est largement moindre, au point qu’elle n’identifie pas ces peintures à cette série.

Il s’agit pour l’artiste, par le retour à la peinture à l’huile, de revenir sur un visage qu’elle a associé à l’histoire de la peinture européenne. Ils accompagnent une peinture à l’huile mythique que l’artiste avait présentée en 1992 dans la première exposition que Air de Paris lui consacrait. Cette peinture sur panneau de bois pentagonal dépeint l’artiste avec Pam, dans son intérieur d’alors. Monica Majoli explique qu’elle souhaitait vérifier si une image pouvait «tenir» cette forme, qui renvoie à celle d’une cage d’oiseau, ainsi que d’autres détails dans la peinture. Elle assimilait «Pam» à un oiseau après avoir découvert un oiseau empaillé attaquant du bec un scarabée et qui appartenait à André Breton.

En réunissant ces peintures à l’occasion de cette exposition, l’artiste redouble le mouvement de mise à distance de l’artiste à son sujet. Elle en révèle les prismes de perception, hautement subjectifs et pourtant facteurs de mise à distance. Elle réaffirme surtout l’affinité de sa peinture avec une histoire personnelle et domestique et l’ambivalence épuisement/permanence du désir dont ses tableaux ne viennent pas plus à bout qu’ils ne l’alimentent vraiment à nouveau — précisément parce qu’ils en partagent les fétichismes.

Vincent Romagny, mars 2014