ART | EXPO

Palindromes

02 Déc - 07 Jan 2012
Vernissage le 02 Déc 2011

Des images qui peuvent se lire sans dessus dessous. Chacune a un sens de lecture double et l’œil choisi indifféremment une approche horizontale ou verticale. Les représentations peuvent être mises à l’envers et peuvent fournir une information qui n’est pas toujours apparente au premier regard.

Paula Castro, Mathieu Bonardet et Jacob Peter Noordman
Palindromes

L’Ecossais Jacob Peter Noordman, l’Argentine Paula Castro et le franco-belge Mathieu Bonardet abordent le dessin d’une façon contemporaine, dans leurs gestes ou pensées. Palindrome se dit d’un mot, d’un vers, d’une phrase que l’on peut lire indifféremment de gauche à droite et de droite à gauche.
Quand Paula Castro s’applique avec minutie à rendre les détails visibles, Mathieu Bonardet s’attache à la répétition du geste, précis et infatigable. Jacob Peter Noordman a de son côté le trait intuitif avec une économie de mouvement.
Leurs dessins ne sont pas des représentations, ce ne sont pas des substituts d’objets, ainsi ils ne communiquent pas d’information au niveau des symboles visuels. S’ils communiquent quelque chose, ils atteignent la conscience et l’inconscience. Il s’agit ici de voir ce qui n’est pas et de «mettre en œuvre son imagination jusqu’à atteindre l’état de vision» (William Blake).

Paula Castro créée une véritable énergie, une nouvelle vie à travers ses dessins ultra détaillés. Une pierre devient vivante à travers des centaines de points, une boule de glace s’anime, un détail banal – réel ou imaginaire – zoomé à l’excès se transforme en une cascade de pointillés.
Mathieu Bonardet expose plusieurs panneaux face aux œuvres de Jacob Peter Noordman. Les espaces entre ses panneaux ne représentent pas seulement des respirations entre eux mais sont la trame même de la pièce où les panneaux sont eux mêmes un trait, presque un signe de résistance contre l’immobilité. Intuitif, le travail de Jacob Peter Noordman l’est aussi. La signification de ses dessins s’exprime dans un langage visuel parallèle, qu’il représente des objets réels, inventés ou non figuratifs. Ainsi rend-il hommage à Joseph Beuys dans une série de trois dessins ou représente-t-il de quelques coups de crayons, nets et précis, une maison en apesanteur sans assise avec une quelconque réalité.
Face à ces palindromes imagés, «peut-être l’imagination est-elle sur le point de recouvrer ses droits», soulignait André Breton.