ART | EXPO

Paintings

14 Sep - 12 Oct 2012
Vernissage le 13 Sep 2012

John Giorno assigne à la fonction de poète tout ce qu’il y a de divin, de sacré et de pragmatique. La pratique de cette figure new-yorkaise proche de Warhol ou de la Beat Generation fait en effet fusionner deux disciplines, poésie et art. Dans ses toiles, qui passent du noir et blanc aux couleurs des aquarelles, le mot seul a droit de citer.

John Giorno
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John Giorno est né en 1936 à New York. Il fait actuellement l’objet d’une exposition personnelle, «Thanx 4 Nothing», au Centre d’Art contemporain Faux Mouvement de Metz. En 2010, il a réalisé les expositions «Diagonales» au Centre National des Arts Plastiques de Puteaux et «Sonopoetics (de la parole à l’image, de la poésie au son)», à l’Institut supérieur pour l’Etude du Langage Plastique à Bruxelles.

Ses peintures Poem Paintings, à la forte intensité vibratoire, sont des segments tirés de ses poèmes, des phrases qui le hantent depuis toujours: «Thanks 4 Nothing», «Don’t wait for anything», «I resigned myself to being here». Les toiles de cette figure new-yorkaise passent aisément du noir et blanc coups de poing, aux aquarelles aux couleurs de l’arc-en-ciel, et du grand format au carré intime, le mot seul ayant le droit de citer dans ses travaux.
Après avoir libéré la poésie de ses chaînes depuis ses débuts, grâce au «Giorno Poetry System», et à des projets comme «Dial A Poem», permettant au public d’avoir accès à des lectures de poèmes d’un simple coup de fil, il continue d’étirer jusqu’à la déchirure les limites de son art.

Il est pratiquement impossible d’évoquer le travail de John Giorno sans parler de ses rencontres, des époques qu’il a traversées, de la sainte trinité Warhol, Johns, Rauschenberg, qu’il a intimement connue. C’est donc lui l’homme au repos dans la vidéo Sleep (1963) de Warhol.
Ces artistes qui l’entouraient n’ont fait que le renforcer dans sa volonté de réinventer la poésie. «I want to cum in your heart», «Eating the sky», «I want it to rain for the rest of my life». Ces phrases trouvent leur source aussi bien auprès des pères fondateurs de la Beat Generation, Burroughs, Ginsberg, Gysin, dont John Giorno est le dernier passeur, qu’au sein de l’underground rock new-yorkais et la méditation bouddhique tibétaine, dont il est un fervent pratiquant.
Chez John Giorno, la notion de medium semble demeurer accessoire, tant rien ne semble arrêter ce grand prédicateur dans sa quête du son, du rythme et de l’image absolue.

Julie Boukobza

critique

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