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Out my Window, Vis à Vis et Femmes d’intérieur

31 Mar - 02 Mai 2015
Vernissage le 31 Mar 2015

Deux femmes photographes sont réunies dans cette exposition. Gail Albert Halaban s’invite dans l’intimité des habitants de New York ou Paris et présente des scènes de genres et des portraits qui s’intègrent dans le paysage urbain. Elene Usdin réinterprète des tableaux célèbres et compose des œuvres uniques, peintes à la main sur photographie.

Gail Albert Halaban, Elene Usdin
Out my Window, Vis à Vis et Femmes d’intérieur

Deux femmes photographes sont réunies dans cette exposition: Gail Albert Halaban avec les séries «Out my Window» (réalisée à New York) et «Vis-à-Vis» (Paris), et Elene Usdin avec sa série «Femmes d’intérieur».

Née en 1970, à Washington, l’américaine Gail Albert Halaban étudie la photographie à la Rhode Island School of Design puis à l’Université de Yale. Photographe commerciale, elle conçoit également un travail personnel, sous la forme de séries qui interrogent le paysage et la société. Fascinée depuis toujours par le travail du peintre Edward Hopper, elle lui dédicace sa série «Hopper Redux» où elle revient sur les lieux peints par l’artiste.

Pour «Out My Window», série faite à New York et poursuivie par «Vis à Vis» à Paris, elle photographie des immeubles d’habitation, qui s’allument comme des petits théâtres où les individus apparaissent dans la banalité de leur vie quotidienne. L’impression de voyeurisme ressentie en regardant ces paysages urbains spectaculaires disparaît lorsque l’on connaît la démarche de l’artiste: «Dans mes images, mes sujets sont toujours conscients que je les photographie. Ils acceptent ce glissement du privé vers le public et coopèrent avec moi pour créer cette image voyeuriste».

La photographe crée ainsi une nouvelle vision des villes, donnant à voir la réalité de ses voisins à l’échelle des immeubles, lointains et proches à la fois. Mis en scène, ces paysages urbains, deviennent des scènes de genres et des portraits. Des petits théâtres où la lumière s’est allumée et où les individus apparaissent figés dans la banalité de leur vie quotidienne: on donne le bain des petits, on prépare le repas, on regarde la télévision, une figure songeuse pose à la fenêtre — des histoires dont la photographe nous laisse imaginer la suite.

La série «Femmes d’intérieur» d’Elene Usdin (née en 1971) est composée d’œuvres uniques, peintes à la main sur la photographie. L’artiste, illustratrice et plasticienne autant que photographe réinterprète les tableaux célèbres de l’histoire de l’art classique ou moderne (par Raphaël, Ingres, Schiele, Balthus etc), portraits de femmes peints par des artistes-hommes.

Ces figures du passé, princesses ou muses deviennent des silhouettes sans volume, s’insèrent dans un environnement domestique, moderne et banal, et fusionnent avec le mobilier dans le discours d’une artiste qui réfléchit constamment à la représentation de la femme dans ses œuvres.