ART | EXPO

On va encore manger froid ce soir

01 Mar - 08 Juin 2008

Le Mamac présente un grand ensemble d’œuvres récentes d’Arnaud Labelle-Rojoux, notamment certains Murs, ces simulacres d’accrochage 19e siècle constitués d’un foisonnement de peintures, collages et textes assemblés selon le principe d’associations d’idées et de jeux de mots.

Arnaud Labelle-Rojoux
On va encore manger froid ce soir

Arnaud Labelle-Rojoux que l’on décrit volontiers comme le fils spirituel de Marcel Duchamp se distingue aussi bien comme plasticien que performeur et essayiste. En tant qu’artiste, après une formation à l’école des beaux-arts de Paris où il est entré en 1969, ses premières grandes références artistiques sont les Nouveaux Réalistes, Robert Rauschenberg, Allan Kaprow ou encore Andy Warhol. A leur instar et s’inscrivant en droite lignée dans l’attitude Fluxus, il s’affranchit à son tour des conventions artistiques et privilégie le geste créatif à l’œuvre d’art elle-même. Il réalise sa première exposition personnelle en 1978.

Le Mamac présente un grand ensemble d’œuvres récentes d’Arnaud Labelle-Rojoux, provenant de collections publiques et privées, certaines œuvres étant constituées «Murs» ou réalisées durant le temps d’installation de l’exposition.

Les Murs, présentés dans la galerie sont particulièrement représentatifs de la démarche de l’artiste: ils réunissent sur un même plan, dans un simulacre d’accrochage 19ème siècle, un foisonnement d’œuvres réalisées à différentes périodes, peintures, dessins, collages, textes et images, assemblés selon un jeu très varié d’associations d’idées. Toutes les œuvres sont de facture extrêmement modeste et conjuguent informations triviales et érudition. Les textes, aphorismes, slogans et légendes affichent délibérément un comique troupier où le jeu de mot et le calembour sont maîtres.

Pour l’artiste :«[…] Les murs, ce sont aussi des pages, d’immenses pages, blanches ou pas, sortes de surfaces attendant leur animation visuelle et textuelle… Il y a quelque chose de littéraire, ou de poétique, dans leur composition. […] Le mur est l’inventaire provisoire d’une historiographie personnelle… »

Arnaud Labelle-Rojoux questionne inlassablement, avec une jubilation évidente, l’art et ses limites, ne se prenant pas au sérieux, sans pourtant en manquer.

L’œuvre facétieuse et référentielle remet en cause nos considérations ordinaires sur la vie, la culture, le beau. Il nous invite à regarder l’art avec un œil curieux, drôle, décomplexé. Il nous met aux pieds des Murs, pour mieux nous amuser, nous emmener vers l’absurde.
Arnaud Labelle-Rojoux détourne, découpe, déstabilise, dédramatise, détonne!