ART | EXPO

Objets d’hier et d’aujourd’hui

06 Avr - 03 Juin 2006
Vernissage le 05 Avr 2006

Cette exposition s’inscrit dans une série de projets qui se sont défaits des iconographies modernes et s’engagent davantage dans une problématique des temporalités de l’œuvre, opérant simultanément une mise en contexte et une projection.

Communiqué de presse

Philippe Decrauzat, Aloïs Godinat, Scott King, Genêt Mayor, Mathieu Mercier, Mai

Objets d’hier et d’aujourd’hui

L’exposition à Gennevilliers s’inscrit dans une série de projets qui se sont défaits des iconographies modernes et s’engagent davantage dans une problématique des temporalités de l’œuvre. Si le titre établit une partition évidente, l’exposition présentera davantage des œuvres ambivalentes qui opèrent simultanément une mise en contexte et une projection.

Lorsque vous chargez un disque D.V.D., la fenêtre du menu s’ouvre. Son habillage recourt généralement à des sons et des images issus du film. Avec ces fragments, le film est en quelque sorte déjà amorcé, mais vous souhaitez alors pour ce chef d’œuvre de ciné-club, profiter des bonus et visionner en premier lieu une des bandes-annonces de l’époque.

Mis en condition et l’eau à la bouche, l’époque vous est hâtivement suggérée et cet extra s’avère efficace. Il s’agit bel et bien là d’une expérience singulière. A l’image de cette ellipse de l’annonce au «making off», l’exposition se consacrera à ce qui serait à la fois de l’ordre de l’amorce et de la reconstitution. C’est à cette saynète que peut s’apparenter l’exposition et ses œuvres.

Une œuvre de Scott King peut être un diagramme d’une tournée ou d’un concert historique, elle est aussi une forme et une époque que l’artiste réinvestit de manière dissociée. La Fée électricité de MaiThu Perret évoque les mannequins propres aux musées de société. Pourtant les mouvements synthétisés dans la silhouette sont autant de modèles d’exercices que d’échos à des époques pleines de promesses.

La production de Genêt Mayor semble superposer les salles minimales d’un musée d’art moderne à celles consacrées aux rituels quotidiens d’un musée d’arts et traditions populaires. Chacun de ses objets génère des récits qui excèdent à chaque fois le champ de référence initial. Les opérations de décentrement initiées par Aloïs Godinat sont autant de gestes modestes de décalage qui ont des allures irrésolues d’un roulement de tambours infini.

Connu pour sa peinture aux effets optiques, Philippe Decrauzat produit également des objets aussi hétéroclites qu’un boomerang en verre ou un panneau signalétique en perspective. Son œuvre se construit peut-être plus métaphoriquement dans l’art du dégradé de couleur, essentielle à l’Op art. En écho à cette transition picturale, Mathieu Mercier présente un objet double (Sans titre, 2004) dont la soudure semble concentrer un intervalle éminemment cinématographique, celui de l’ellipse narrative.

Commissaire
Julien Fronsacq

AUTRES EVENEMENTS ART