DANSE | SPECTACLE

Numéro d’Objet

10 Nov - 10 Nov 2011

Dans un espace biplan, deux personnages masculins tout droit sortis d’une bande dessinée entrent en mouvement au rythme des aiguilles d’une montre. Deux hommes, aux allures singulières, nous renvoient, par les images proposées, un reflet de nos existences.

Marie Lenfant
Numéro d’Objet

Epiés à la loupe, les comportements humains, les apparences, la relation à l’autre dans un cadre sociétal, nous sont donnés là, avec la distance de l’humour pour qu’enfin réapparaisse le corps dans sa simple présence. Numéro d’Objet est une métaphore des constructions humaines, physiques et mentales.
«Notre corps donne réalité à notre existence. Il doit correspondre à l’image que nous souhaitons donner de nous-mêmes. On lui prête une apparence, on travaille son «look», pour paraitre tel que nous le désirons. Correspondre aux codes sociaux, aux critères de beauté du moment, nécessite une mise en conformité. Il faut que l’image donnée soit juste, enfin nous y travaillons. Cette apparence est une seconde peau, un refuge, une protection, un piège. Nos corps en perpétuel mouvement sont en perpétuelle quête de changement, de modification, imparfaits». Marie Lenfant

Avant d’être chorégraphe, Marie Lenfant est danseuse dans le sens d’une danse innée. Ce sens naturel et permanent la conduit à travailler sur l’humanité que transcrit la danse. Son parcours en est le reflet, elle a cherché avec les danseurs à trouver, à retrouver la danse naturelle qui est la sienne. «Ma formation et mon parcours pourraient se résumer ainsi: regarder, rebondir, construire, écrire, adresser. J’ai toujours eu cette volonté de mettre en forme ce qui m’est transmis dans un langage qui me soit propre, dans le prolongement d’un espace intérieur, silencieux. A l’image de mon parcours, je cherche, j’écris dans un souci de partage en élaborant ma recherche autour de l’humain dans sa quotidienneté et ses préoccupations, en utilisant la contrainte de l’espace réduit comme révélateur des comportements et du mouvement. Je m’attache à utiliser la forme innée de la danse de l’individu mais en le faisant participer à la cohérence d’un ensemble. Pour moi, c’est l’acte qui compte, écrire est aujourd’hui un acte de mémoire, un acte de mise en lumière de l’humain. Il se doit d’être juste et simple».