ART | BIENNALE

Nova_XX. Pantopie & Métastabilité

04 Déc - 13 Fév 2022
Vernissage le 04 Déc 2021

La Biennale « Nova_XX Pantopie & Métastabilité » du Centre Wallonie-Bruxelles valorise la place des femmes dans les arts numériques en faisant entendre leur voix au sujet des nouvelles technologies et des problématiques contemporaines.

Les expositions, performances, concerts et films présentés à la Biennale Nova_XX au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris sont situées à l’intersection d’un double champ notionnel : « Pantopie & Métastabilité ».

La notion de « pantopie », forgée par le philosophe Michel Serres, stipule que « le centre du monde est partout, et la périphérie nulle part », que le monde ne peut plus s’écrire de manière unilatérale. Et cela d’autant plus qu’aujourd’hui chaque point est relié au monde entier par un réseau dense de connexions numériques. D’autant plus également que les pouvoirs traditionnels — y compris ceux exercés sur les femmes — sont de plus en plus contestés.

Quant à la « métastabilité », empruntée à Jean-Paul Sartre, elle signifie que la condition humaine est, plus que jamais, faite d’incertitude et d’instabilité.

Nova_XX : un monde trans, hybride et connecté

En somme, selon Stéphanie Pécourt, la directrice du Centre Wallonie-Bruxelles de Paris, la Biennale «Nova_XX entend contribuer à un monde résolument trans, hybride et connecté». Cela dans trois grandes directions : 1° en rompant l’ostracisme dont les femmes sont victimes dans les secteurs de création artistique, scientifique et technologique ; 2°en accueillant les transformations produites par la révolution numérique ; 3° en abordant des thématiques contemporaines telles que la crise climatique.

Nova_XX : dystopie contemporaine et préoccupation pour l’avenir

Plusieurs œuvres sont traversées par une inquiétude sur les devenirs du monde. L’œuvre-vidéo Les Futurs (2020) de Marion Balac confronte l’optimisme exprimé par la création dans le Poitou en 1984 du Futuroscope (un parc de loisir à thèmes technologique, scientifique, et d’anticipation), avec le défaitisme du philosophe Mark Fisher qui intitulait en 2014 à Zagreb une conférence : « Future has been cancelled ».

A sein du Futuroscope, Marion Balac interroge trois devins sur l’avenir et met ainsi en évidence que les visions contemporaines de l’avenir diffèrent en fonction des cultures et des générations.

Anouk Kruithof intitule There is no further universe (2021) une installation composée de détritus de formes humaines, recouverte d’une peau photographique dont chaque pore est une image angoissante de l’époque actuelle, de la détérioration de la planète Terre : un appel à une action urgente.

Nova_XX : renouer avec le vivant, échapper à la catastrophe

D’autres œuvres de « Nova_XX Pantopie & Métastabilité » ouvrent des champs d’action et des sources d’espoir. Tandis qu’Eve Seguin déplore « l’effondrement du fantasme de contrôle de l’humain » face à la nature, Katherine Melançon s’interroge sur l’aspect que prendraient le monde et l’art si le vivant retrouvait sa place. Son installation-vidéo intitulée Vers un parlement du vivant (2021), laisse aux plantes leur propre modalité de représentation, dans un bouleversement des hiérarchies entre les êtres.

Rocio Berenguer imagine, quant à lui, un système de communication inter-espèces, un dialogue au sein du vivant terrestre. Ce système, qu’il nomme Lithosys, pourrait envoyer des informations par des ondes magnétiques. Un site internet fait état de cette tentative et permet d’interagir en direct avec ce réseau magnétique terrestre.