ART | EXPO

Not even even

29 Nov - 05 Jan 2013
Vernissage le 29 Nov 2012

Pour clore l’année 2012, In extenso invite l’artiste Laëtitia Badaut Haussmann à réaliser une exposition autour de l’hésitation, l'attente ou comment un mouvement précaire conduirait à un déséquilibre imminent, comme le suggère le titre de l’exposition.

Laëtitia Badaut Haussmann
Not even even

Née en 1980, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Paris-Cergy, Laëtitia Badaut Haussmann circule aisément entre vidéo, photo, écriture, sculpture et installation. Au croisement de ces médiums se révèle la problématique de la construction d’une histoire, aussi bien mémorielle que fictive.

Les références de ses scenarii sont systématiquement aplanies; cette suppression de la hiérarchie des sources (littéraire, filmique, historique, intime, publique) apparaît dans certaines œuvres où s’entrelacent éléments de réalité et de fiction. Ses processus de recherches voient ainsi le récit s’estomper au profit de formes plastiques au fort potentiel évocateur, renvoyant ses sources d’inspiration à un niveau délibérément souterrain.

La proposition de Laëtitia Badaut Haussmann pour la galerie In extenso s’articule autour du film And again and again and again (2012), réalisé avec la collaboration de Noé Soulier (chorégraphe et danseur), et présenté pour la première fois. Cette vidéo le montre s’exerçant à multiplier les pirouettes, jusqu’à l’épuisement de son corps et du mouvement lui-même.

Plus largement, « Not even even » révèle la préoccupation de l’artiste pour un gestuaire spécifique et le résidu d’une action atteignant ses limites; qu’il s’agisse du mouvement fin et précis d’un professionnel – danseur ou funambule – ou celui, mal assuré, des enfants, tels ceux de l’image choisie comme visuel de l’exposition.

Dans And again and again and again, le travelling circulaire de la caméra redouble les pas du danseur, affirmant le goût de Laëtitia Badaut Haussmann pour les tautologies et les mises en abymes. Dans la galerie, la boite conçue pour abriter la projection viendra prolonger cette mise en forme du mouvement de deux façons: d’une part, des empreintes colorées témoigneront des gestes de sa fabrication, de plus, elle orientera la circulation du visiteur, faisant de son déplacement une composante singulière de l’exposition.

Difficilement traduisible, le titre de l’exposition « Not even even » joue sur le double sens du mot “even”, terme qui signifie à la fois “même”, “alors”, “encore” et “équilibre”, “régulier”, “égaliser”. Par la répétition qui pourrait évoquer le titre d’une chanson écouté en boucle, ces trois mots suffisent ainsi à manifester une attente, une hésitation, un mouvement précaire, un déséquilibre imminent.