LIVRES

Nicolas Descottes

Deux séries de photos : Odessa (2000-2001) et Syrjajeve (2000). Hommes de dos, face à l’immensité de la mer, au bout d’une jetée, ou vues d’une ville laissée à l’abandon, pour la première; paysages brumeux, forêts de branches gelées telles le « bois dormant » du conte, pour la seconde. Dans les deux cas, une même atemporalité, une même irréalité.

— Auteur : Nicolas Descottes
— Année : 2002
— Format : 26,50 x 21 cm
— Illustrations : nombreuses, en couleurs
— Pages : 56
— Langue : français
— ISBN : 2-9517933-0-8
— Prix : 9 €

Présentation
par Nicolas Descottes

J’ai commencé cette série, il y a deux ans au cours d’un voyage à Odessa, port d’Ukraine qui se situe sur la mer Noire. J’y suis retourné deux fois par la suite. Je voulais que ce travail soit intemporel et que le lieu ne soit pas reconnaissable. J’aurais pu réaliser ce projet ailleurs et il pourrait même avoir une suite dans un autre lieu. Le lien photographique que j’ai voulu établir entre les personnages et les paysages est l’attrait qui provient de l’absence d’action et du manque de repères. Ainsi la forêt métamorphosée par la glace donne un sentiment d’angoisse. Certains objets sont déstructurés et deviennent alors surréalistes. Beaucoup de ces situations paraissent figées, hors du temps, hors de la réalité. On retrouve aussi cela dans la vidéo du plan fixe d’un escalier avec en bas une matière. J’ai volontairement accentué cette vision en travaillant toujours avec une lumière blafarde ayant une dominante bleue sur les tirages. Georges Banu a publié une étude très intéressante sur l’homme de dos. Il écrit que l’homme de dos intrigue par le camouflage de ses habits qui en fait une silhouette aux contours étranges, qu’il paraît en étranger et par sa posture qui n’a rien de fugitive, désigne une solitude et affirme une stabilité. Pour moi l’Homme de dos, c’est sûrement l’homme du monologue intérieur. Certains personnages paraissent dubitatifs. Que viennent-ils chercher ? Kierkegaard parlait du bercement ivre de nostalgie de la mer. Malaparte décrit la mer qui le regardait fixement, comme une bête s’agrippant au rivage.

(Texte publié avec l’aimable autorisation de Nicolas Descottes)

L’artiste
Nicolas Descottes est né en 1968 à Rennes, France. Il vit et travaille à Paris.