ART | EXPO

Le sang et la nuit

04 Jan - 08 Fév 2020
Vernissage le 04 Jan 2020

Révéler la part de récit, de désordre et d’imperfection de l’abstraction, tel est l’enjeu de la peinture de Nicolas Chardon. L’exposition « Le sang et la nuit » à la galerie Jean Brolly présente ses récentes œuvres où le rapport aux figures tutélaires comme Blinky Palermo et Kasimir Malevitch est aussi souple que les formes déployées.

L’exposition « Le sang et la nuit » à la galerie Jean Brolly, à Paris, dévoile de nouvelles peintures de Nicolas Chardon qui poursuit son exploration d’une abstraction géométrique non dénuée de narration et d’imperfection.

« Le sang et la nuit » : nouvelles peintures de Nicolas Chardon à la galerie Jean Brolly

Les peintures de Nicolas Chardon sont nourries de l’histoire de la peinture et plus spécifiquement des archétypes de l’abstraction géométrique. Série après série, le peintre continue de recourir à un langage moderniste et à un protocole d’exécution apparemment répétitif consistant à tendre un tissu à carreaux sur un châssis et à utiliser les lignes de la trame ainsi déformées pour peindre la surface. Pourtant, depuis plus de vingt ans, Nicolas Chardon en tire une œuvre en renouvellement constant.

Avec son titre qui évoque, selon les propres mots de Nicolas Chardon, un thriller ou un polar abstrait et conceptuel tel le roman Trois carrés rouges sur fond noir de Tonino Benacquista, l’exposition « Le sang et la nuit » met en lumière quelques lignes fortes de sa peinture et notamment l’idée que « l’abstraction s’est toujours nourrie d’histoires, et a toujours aussi produit des histoires et de l’interprétation ». Y sont mis en avant la part de récit et de jeu qui traverse l’art de Nicolas Chardon.

Nicolas Chardon révèle la part d’imperfection de l’abstraction

Dans l’ensemble de huit tableaux intitulé Original se révèle une suite de relations entre une œuvre de Blinky Palermo, une autre de Kasimir Malevitch et le travail de Nicolas Chardon. Une peinture affichant un carré rouge sur fond blanc renvoie au tableau Réalisme pictural d’une paysanne en deux dimensions de Kasimir Malevitch tandis qu’une autre évoque le même modèle alors qu’il s’inspire en réalité d’un faux découvert il y a deux ans à Düsseldorf.

Ainsi, la même souplesse qui caractérise les formes déployées par Nicolas Chardon s’applique à son rapport aux figures tutélaires. A travers ses formes contrariées, ses jeux reposant sur l’interprétation, la mémoire et l’oubli, sur la confusion entre le vrai et le faux, sa peinture invite à reconsidérer les notions d’ordre et de perfection.