ART | EXPO

Nice To Be Dead

25 Mar - 07 Mai 2011
Vernissage le 24 Mar 2011

Homme de culture, passionné de philosophie et de littérature, Henri Barande crée ses images à partir de ses propres dessins et photographies, mais puise aussi ses motifs dans l’histoire de l’art, l’histoire de l’humanité et celle de ses écritures.

Communiqué de presse
Henri Barande
Nice To Be Dead

Du 25 mars au 7 mai 2011, les Beaux-Arts de Paris accueilleront, dans les galeries d’exposition du quai Malaquais, la première exposition en France d’Henri Barande, artiste français né à Casablanca et vivant à Lausanne. Cette institution, lieu de transmission ayant toujours témoigné d’une grande liberté et singularité, deviendra, pendant quelques semaines, l’écrin d’une oeuvre à part qui s’est construite hors du système. Longtemps dans le silence, celle-ci sera enfin révélée au public français. L’artiste proposera une vingtaine de peintures, toutes de même hauteur (2,15 m), assemblées de façon éphémère en diptyques ou triptyques dans une présentation qu’il définit comme installation in situ.

Le titre de l’exposition «Nice To Be Dead» fait référence à la chanson d’Iggy Pop, à ce fameux hymne à la joie et à la jeunesse: «Nice to be dead, nice to be underground !…». La représentation de la mort est en effet exprimée et pensée par Henri Barande de manière distante, neutre et jubilatoire. En outre, le terme underground prend tout son sens dans le rapport à l’oeuvre. Dès son enfance, l’artiste modèle une matière faite de mie de pain, de sable, d’algues et de terre. Naîtront alors des milliers de petits objets, corps et têtes, dans une matière organique qui souvent ne résiste pas au temps. Au début des années 90, la peinture prend le pas sur la sculpture: celle-ci, devenue absente, apparaîtra dès lors sous la forme d’images dans la peinture. Homme de culture, passionné de philosophie et de littérature, Henri Barande crée ses images à partir de ses propres dessins et photographies, mais se saisit également du monde pour le traiter comme document. Il puise ainsi ses motifs dans l’histoire de l’art, l’histoire de l’humanité et celle de ses écritures.

Parmi ces milliers d’images, certaines sont choisies pour être agrandies. L’oeuvre originale est projetée sur la toile et ses couleurs reconstituées en peinture acrylique sont posées manuellement. La facture lisse (aucune trace de pinceau n’est perceptible) crée un effet inattendu de tissus sérigraphiés. Les figures, exemptes de matérialité, s’apparentent à des empreintes. La technique picturale aboutit à une mise à distance du réel.

Chaque fragment devient sujet unique. Les tableaux étant juxtaposés bord à bord dans une seule ligne qu’il imagine sans fin, des éléments figuratifs à la limite de l’abstraction jouxtent des éléments abstraits à la limite d’une figuration: corps, crânes, figures animales, vanités, icônes, textes, traces, motifs de toutes sortes, hyperréalistes ou pixelisés, monochromes purs… offrent ainsi au regard l’horizontalité d’un ensemble créatif très vaste, livré comme autant de vestiges d’un temps perdu élevé à la lumière d’un temps retrouvé.

Dans l’espace in situ, ouvert hors du temps, les notions de noms, de titres, de dates et de signature n’ont évidemment plus cours, tandis que l’impermanence résultant du nombre infini de combinaisons issues de la juxtaposition des tableaux implique, a contrario, une dimension éphémère. La tension ainsi créée entre intemporel et éphémère est une caractéristique de l’oeuvre. Si celle-ci demeure inclassable, elle s’inscrit très clairement dans son environnement contemporain, tout en brisant certaines lignes et en déplaçant certains repères. L’exposition d’Henri Barande aux Beaux-Arts de Paris s’annonce donc, d’ores et déjà, comme un événement exceptionnel. A cette occasion, une soirée de performances ainsi qu’une soirée de lectures seront organisées. Le journal de l’exposition sera réalisé par le graphiste-designer suisse Werner Jeker. Un ouvrage paraîtra chez Manuella Editions.

Commissaire: Eric Corne

Vernissage
Jeudi 24 mars 2011. 18h-21h.
Du mardi au dimanche de 13h à 19h. Entrée libre

Visites en présence du commissaire les dimanches 3 et 24 avril à 15h30