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New work

17 Oct - 21 Nov 2009
Vernissage le 17 Oct 2009

Au moyen de photographies anciennes et récentes, Lorna Simpson montre deux femmes afro-américaines, deux destins féminins: celui d'une inconnue des années 50 issue de la «middle class américaine de Los Angeles» et celui d'une femme d’aujourd'hui (elle-même).

Lorna Simpson
New work

La Galerie Nathalie Obadia présente la seconde exposition personnelle de Lorna Simpson à Paris après celle de 2004 très remarquée avec les deux vidéos Corridor et Cloudscape.

 Lorna Simpson est née à Brooklyn (New York) en 1960, issue d’une famille très impliquée dans la lutte contre la ségrégation et pour qui la culture était le moteur indispensable de toute ascension sociale. Diplômée du département photographie de la High School of Visual Arts de New York et de l’Université de San Diego en Californie, Lorna Simpson a commencé sa carrière comme photographe reporter. Les thèmes essentiels de son travail étaient la lutte pour les droits humains, notamment les combats contre le racisme et l’obtention des droits égaux pour les noirs.

Puis Lorna Simpson s’est tournée à la fin des années 80 vers des œuvres à la fois visuelles et auditives où images et paroles cohabitent pour mieux interroger les questions de race et d’égalité des deux sexes, préoccupations essentielles de l’Amérique politique et culturelle de cette période avec la reconnaissance de l’Affirmative Action.

Cependant le propos artistique oscille toujours entre le politique et le poétique avec un contenu esthétique primordial. Il y a toujours le sentiment d’une grâce dans son oeuvre.

Pour cette nouvelle exposition, Lorna Simpson a choisi de travailler d’une manière plus intime avec des photographies anciennes et récentes. Elle veut montrer deux femmes afro-américaines, deux destins féminins: celui d’une inconnue des années 50 issue de la «middle class américaine de Los Angeles» et  celui d’une femme d’aujourd’hui. Cependant Lorna Simpson s’attache à ne pas laisser d’indices sur la personnalité des deux femmes. Comme la femme des années 50, l’artiste «pose» et se prend en photo mais ne laisse transparaître aucun sentiment, aucune accroche psychologique. Lorna Simpson se photographie comme un modèle mais ne se déguise pas ou ne se travestie pas comme le fait Cindy Sherman.

On ne peut s’empêcher de penser au destin de l’Amérique qui a élu Barak Obama en 2008 et le chemin qui sépare une afro-américaine des années 50, anonyme, et celui d’une artiste reconnue aujourd’hui. La femme qui pose en toute insouciance à la fin des années 58 le fait dans une Amérique qui ne reconnaît pas encore les droits civiques de la communauté noire. Mais l’attitude de la femme montre l’anachronisme de la situation, la femme est en avance sur sa condition, elle montre qu’elle a déjà gagné sa liberté et son indépendance. Lorna Simpson trouve fascinante cette fiction et s’y attache en posant comme si elle était elle aussi anonyme. Ce face à face de deux femmes qui semblent interchangeables alors que 50 ans les séparent est aussi méditation sur l’échelle de l’histoire et sur l’impact des événements qui la jalonnent.