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New Sculptures

PMarguerite Pilven
@12 Jan 2008

Etrange travail que celui de ce sculpteur qui enfouit, découpe, arrache, introduisant une violence sourde dans d’élégantes et silencieuses pièces immaculées faites de marbre, mais aussi d’argent et de verre.

Le dessin The Power of White confirme par son seul titre la fascination de Not Vital pour le blanc. Il suffit de se rappeler ses sculptures de traîneaux en marbre blanc ou encore ces parties de corps de cerf qu’il a réalisées en plâtre, ressemblant à des moulages.
Lorsqu’il dessine, cette obsession du blanc de la page est également perceptible dans les lignes, les signes graphiques qu’il y dépose. Le dessin, toujours simple et dépouillé, est esquissé avec légèreté, quand ce ne sont pas uniquement des traces de crayon gras, déposées du bout des doigts, esquissant des circonvolutions vaporeuses à peine plus sombres que le blanc de la page.

Mountain, Light Snow, autant de mots lisibles sur les dessins renvoyant aux origines suisses de l’artiste qui expose également des blocs de marbre noir dont la tranche accidentée rappelle l’arrachement à la montagne-mère, et dont la surface, aplanie au laminoir, est couverte de petites larmes sculptées en creux.

Posées au sol, des sphères de céramique opposent leur forme ovoïde, à l’intérieur desquelles un corps découpé de chameau mort a été dispersé. Curieuse démarche que celle de l’enfouissement ne laissant aucune trace et qui interpelle la croyance du spectateur, la violence résidant finalement ici dans le fait de ne rien voir. Ces formes ovoïdes faites à base de terre et contenant l’idée mêlée de vie et de mort évoquent un rituel mystérieux d’ordre sacré.

Le thème de la coupe apparaît à plusieurs reprises, coupe archéologique des blocs, d’une sculpture obtenue par extraction, coupe de corps de cerfs (non exposés ici) réduits à l’arrière train et aux pattes arrières, que l’artiste appuie contre un pan de mur blanc, de telle sorte qu’on croirait la sculpture partiellement ensevelie.

On mesure finalement combien est étrange le travail de ce sculpteur qui enfouit, découpe, arrache, introduisant une violence sourde dans ces élégantes et silencieuses pièces immaculées.
Parmi les matières de prédilection de l’artiste, on trouve également l’argent et le verre, qui anoblissent l’objet mais le saisissent également. Friedrich n’avait-il pas montré par un célèbre tableau combien un navire pris dans les glaces, bien qu’il contienne un aspect morbide, peut avoir quelque chose de majestueux ?

La pièce la plus impressionnante n’en demeure pas moins l’immense mur de couteaux dont les lames tournées vers l’extérieur dardent leurs pointes acérées en direction du spectateur. Mais l’impression n’est pas pour autant agressive : la multiplicité des lames et leur proximité, ajoutées aux ombres portées de chacune d’elles instaurent un espace saturé de signes répétitifs créant une sensation optique de vibration, presque hallucinatoire.