ART | EXPO

N’a pris les dés

27 Juin - 18 Juil 2015
Vernissage le 27 Juin 2015

Cette exposition collective conçue par Arlène Berceliot Courtin emprunte son titre à la version aléatoire et anagrammatique du premier film couleur d’Alain Robbe-Grillet. Elle propose de poursuivre son jeu vertigineux de compositions infinies et fantasmatiquement labyrinthiques.

Guy de Cointet, Stéphane Dafflon, Seulgi Lee, Noa Giniger, Camila Oliveira Fairclough, Hanna Schwarz
N’a pris les dés

« N’a pris les dés » emprunte son titre à la version aléatoire et anagrammatique du premier film couleur d’Alain Robbe-Grillet et propose une nouvelle fois de poursuivre son jeu vertigineux de compositions infinies et fantasmatiquement labyrinthiques. Ce film double est sans doute l’une de ses œuvres les plus abouties, tant elle est graphiquement et formellement impeccable et tant chaque plan ou image appréhendé séparément reste toujours aussi superbe.

Oui, répond-t-il d’un sourire amusé. C’est mon premier film en couleurs. C’est très important pour moi, la découverte de la couleur. Il avait été question qu’on m’impose la couleur pour L’homme qui ment et j’avais refusé absolument. Parce que j’ai dit non, c’est impossible, toute cette forêt là. Verte. […] J’avais eu une sorte de révélation que je pouvais faire un film en couleurs à condition qu’il n’y ait pas de vert. (Entretien avec Frédéric Taddéi, L’Eden et après, DVD, Alain Robbe-Grillet, 1972, couleurs, 76 minutes, éditions Carlotta, 2013.)

Voici à présent démasquée, l’absence qui confère au film sériel tout comme au film aléatoire son aspect pictural si particulier et même les quelques palmiers s’avérant plutôt être des dattiers finissent par se couvrir de poussière et de sable à la fin de l’été, leur donnant ainsi un aspect davantage zingué. Ajouter à cela, une lumière éblouissante, l’absence d’ombres comme le tournage eut lieu aux heures zénitales et tous les villages repeints en blanc et bleu sur les ordres du régime néo-destourien. Sans oublier, l’ingrédient principal qui n’est autre que la voix du narrateur confiant le déroulement du film au hasard des dés, auquel s’ajoute la parole de Catherine Jourdan rétablissant la narration en nous faisant part d’une sombre histoire de composition abstraite non lyrique égarée.

Dans ce pastiche de film d’aventure retenant sans cesse son récit afin de le rendre impossible, il est surtout et avant tout question de peinture et notamment à travers la recherche d’un tableau dont l’esthétique néo-plastique fut hâtivement attribuée à Mondrian — avec qui Alain Robbe-Grillet partage un certain désaveu du vert — pour finalement être associé au magnétisme des compositions de Malevitch.

Et si cette peinture, reflet d’une maison dont les contours ont disparu sous le ciel écrasant, venait elle aussi hanter la présente exposition?

Commissaire: Arlène Berceliot Courtin

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