L’exposition « Mundíal » au Grand Café, centre d’art contemporain de Saint-Nazaire, présente l’œuvre multi-facettes d’Enrique Ramírez. Entre installations et vidéos, la pratique de l’artiste chilien, nourrie de l’élément maritime, multiplie les références géographiques et historiques.
La mer, référent symbolique des œuvres d’Enrique Ramírez
Réalisées entre le Chili et la France, les œuvres d’Enrique Ramírez s’inscrivent dans une vision mondialisée qui a dicté le titre de l’exposition, « Mundíal ». La forme filmique et les installations sont les outils de récits à tiroirs dans lesquels l’imaginaire mêle les lieux et les époques pour illustrer le caractère insaisissable d’une vérité forcément fuyante.
La mer est l’élément récurrent des créations d’Enrique Ramírez. Son va-et-vient, sa fluidité, son apparente homogénéité cachant des visages toujours changeants et sa capacité d’engloutissement se prêtent à la projection d’intrigues complexes où se télescopent les grands récits d’explorateurs et de conquérants, l’histoire du Chili et les problèmes liés aux flux migratoires.
Des vidéos et installations poétiques à la portée politique
Enrique Ramírez a réalisé pour l’exposition de nombreuses productions inédites. Une vidéo intitulée Dos brillos blancos agrupados y giratorios (Deux faisceaux blancs groupés et rotatifs) a été tournée en 2016 sur l’île d’Ouessant et au Chili. Elle a comme figure centrale le sémaphore du Créac’h, dont la lumière blanche émise toutes les dix secondes guide les marins. L’élément marin sert ici à Enrique Ramírez de support à une représentation d’un univers structuré par des logiques cycliques. Aux vues de la mer, tantôt calme, tantôt agitée, et du faisceau lumineux perçant la nuit se mêlent des enregistrements sonores de fictions, de poèmes et de personnalités évoquant de grands moments de l’histoire.
Selon un traitement plein de poésie et d’empathie, l’exposition fait dialoguer son environnement proche, de Saint-Nazaire à l’île d’Ouessant, des épisodes historiques comme la guerre froide et le suicide de Salvador Allende et l’histoire personnelle d’Enrique Ramírez, pour délivrer des messages profondément politiques.




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