ART | EXPO

Montrer sa nuit en plein jour.

24 Juin - 10 Oct 2011
Vernissage le 24 Juin 2011

Dans le cadre de l'événement «L’Art Contemporain et la Côte d’Azur» le Musée Jean Cocteau propose une exposition consacrée à l’art vidéo. Le but est de refléter la vivacité de ce médium et les rapports qu’il entretient avec la performance, le cinéma, la photographie, le dessin ou même l’écrit, à travers près de 20 vidéos réalisées par 12 artistes originaires de la Côte d’Azur ou s’y étant installés.

Brice Dellsperger, Éric Duyckaerts, Jean-Pierre Khazem, Virginie Le Touze, Ian Simms
Montrer sa nuit en plein jour

A l’automne 1959, Jean Cocteau tourne Le Testament d’Orphée et s’affirme comme unique sujet de son oeuvre filmée. Cette démarche, couplée à un usage artisanal de la caméra, préfigure dans les années cinquante la posture de l’artiste performer et l’apparition de l’art vidéo. Résonnant comme un écho au film‐manifeste de Cocteau, dont se réclameront les principaux protagonistes de la Nouvelle Vague du cinéma français, les oeuvres vidéo de l’exposition convergent vers cette mise à nu symbolique de l’artiste.

Par différents procédés d’auto-représentation, et dans une confrontation troublante avec leur propre image, les artistes mettent en jeu leur identité et nous invitent à repenser le statut de l’oeuvre filmée, naviguant entre réalité et fiction. Ils se placent face caméra et endossent dès lors la fonction assignée par Cocteau à la poésie: Montrer sa nuit en plein jour. L’exposition se déroule en deux temps: «Confrontation» puis «Évasion».

Dans le premier temps sont présentées les rencontres de Brice Dellsperger et d’Eric Duyckaerts avec leurs doubles respectifs, dans des mises en scène empruntées au cinéma et au music hall. Dans cette étrange confrontation de l’artiste à sa réplique, le renoncement à toute forme d’illusionnisme et la prégnance des artifices du spectacle mettent en lumière ce «plus vrai que le vrai» de la création.

La seconde partie de l’exposition Virginie Le Touze et Ian Simms offrent des récits soigneusement élaborés ou recomposés autour de l’aliénation et de la captivité. Dans un travail essentiellement soutenu par sa voix, Virginie Le Touze expose une intimité sans fard, qu’elle emprunte à des figures féminines iconiques du cinéma ou de la chanson.