Lieu
Miss China Beauty
Communiqué de presse
C’est un drôle de voyage qu’Emma Rapin nous propose chez Miss China, aboutissement d’un projet en multiples volets commencé un an plus tôt.
Trans-europa-hôtel, à l’origine, c’est un hôtel ambulant et adaptable à toutes sortes de lieux qui devait être habité par des artistes de différents pays mais qui n’a pas trouvé de murs pour s’abriter. De ce projet, seule l’enseigne est restée.
Trans-europa/passagers permanents devait être un train parcourant l’Europe dans lequel aurait été installé Trans-europa/büro, un atelier mobile, une petite manufacture, rassemblement de forces de création.
Une cartographie aurait pu être tracée par un double mouvement, celui du train sur les rails, et celui du trait de crayon sur la feuille à dessin, du fil de broderie sur le canevas réalisé dans ce train. Pour ces passagers permanents, cette structure aurait créé un espace d’attente, une sorte de «nulle part», d’entre deux consacré à des questionnements: la possibilité pour des artistes européens de vivre ensemble, de partir, de rester, d’échanger…
Aujourd’hui, l’installation d’Emma Rapin est une nouvelle étape du projet Trans-europa, sans doute pas la dernière. Ici, aucun wagon de train. En revanche, l’enseigne de l’hôtel est là, plantée dans une galerie parisienne, après avoir été installée dans un container à Zagreb.
Tout autour, des piles colorées de sacs en polypropylène tissé à carreaux, emblèmes des émigrants, des voyageurs en transit.
Ces sacs, Emma Rapin les a trouvés en Europe de l’Est, puis retrouvés au Brésil, comme des marqueurs universels d’une errance souvent forcée. Loin d’être jetés en tas, tels qu’on les voit sur les marchés ou dans les aéroports, ils sont ici entassés comme des briques, et disent l’impossibilité du voyage à laquelle l’artiste elle-même a été confrontée dans sa vie personnelle.
Ils deviennent alors les murs d’une chambre d’isolement dans un hôpital psychiatrique et encerclent un périmètre d’intimité.
Des voix ponctuent le silence et récitent des leçons de langues. Tout en cherchant à aller vers l’autre pour apprendre un nouveau langage, ces voix racontent une impossibilité, comme la difficulté d’un dialogue amoureux «je ne peux pas, je ne sais pas, pouvez-vous m’aider…».
Le voyage d’Emma Rapin s’est transformé en voyage immobile, en voyage intérieur, donné à voir et à sentir. Une solution peut-être, pour que le train ne s’arrête jamais?
Anaël Pigeat, Paris, janvier 2006.
Infos pratiques
> Lieu
Miss China Beauty
3, rue Française. 75001 Paris
M°Étienne Marcel ou Halles
> Horaires
du mardi au samedi, de 13h30 à 18h30
> Contact
T. 01 42 36 28 22
beauty@misschina.tm.fr
http://www.misschina.tm.fr
> Entrée libre
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