ART | EXPO

Mind Walk III

02 Déc - 31 Jan 2016
Vernissage le 02 Déc 2015

Le Bel Ordinaire, espace d'art contemporain, présente l’exposition «Mind Walk III» de l’artiste Karl Nawrot, diplômé en illustration de l’école Émile Cohl, à Lyon. Les deux premiers volets de «Mind Walk» ont été respectivement présentés à Birmingham et à Séoul. Karl Nawrot a reçu en 2015 le 1er prix du concours international de l’affiche à Chaumont.

Karl Nawrot
Mind Walk III

L’exposition «Mind Walk III» présente le travail et l’univers singulier de Karl Nawrot (alias Walter Warton). Karl Nawrot élabore ses propres outils graphiques- pochoirs, tampons encreurs, normographes circulaires- des objets qui, au-delà de leur fonction première, sont pour lui de véritables catalyseurs de réflexion. Envisagés comme générateurs de fantasmes formels et toujours reliés à un contexte, à un point d’accroche au réel, ces outils dessinent l’architecture d’une pensée protéiforme.

Pour Karl Nawrot, le dessin est un lieu de recoupement entre les différentes facettes de son travail. Sous le nom de Walter Warton, il développe un travail d’illustration, essentiellement des commandes autour de projets architecturaux. Ici le dessin retranscrit des lieux réels. Filtrés par ce médium, les lieux vont se simplifier, se tordre, se fragmenter, permettant une nouvelle lecture. Le dessin devient le moyen de projection d’un espace dans un autre. Le basculement du réel dans un monde fantasmé, où l’on peut devenir l’acteur d’un récit inédit.

Dans l’exposition «Mind Walk III», Karl Nawrot donne au visiteur la possibilité d’entrer au cœur de son processus créatif. À partir d’une question, d’un contexte donné, il met en œuvre une stratégie qui s’attache à questionner le réel par le filtre de ses outils de dessins. À la manière d’un architecte ou d’un designer d’objet, il va imaginer et réaliser des «proto-outils», catalyseurs de ses réflexions. Prototypes, afin de vérifier les données d’une pensée et outil, car ils permettent de produire une nouvelle forme.

En apparence simples car faciles à activer, les objets-outils de Karl Nawrot permettent de produire à l’infini de nouvelles formes: des dessins avec la série de normographes circulaires Templates For Records, ou des polices de caractère comme les Bauhaus Fonts. Leur statut est variable au gré des désirs et des convictions de l’auteur. Ainsi ces objets, tour à tour outil, maquette, image animée, sculpture, s’inscrivent dans le parcours de l’exposition, image miroir des réflexions du designer.

Dans l’univers de Karl Nawrot, la lettre naît d’une manipulation, d’un tracé polymorphe, elle est dans tous les cas le fruit d’une expérimentation selon une logique bien définie. S’il ne se considère pas typographe, le processus qui le guide dans ses créations n’en reste pas moins exigeant. L’outil permettant le dessin de cette lettre naît d’une introspection, d’un fantasme de formes. Le lettrage typographique obtenu a ainsi le pouvoir de renouveler les formes souvent trop communes du texte et ouvre un champ des possibles infiniment riche.

Des lettrages se boursouflent et s’étirent telle une matière vivante, d’autres s’entrechoquent tels des satellites en mouvement. Liées mais ignorant l’existence de l’autre, ces matières de noir et de blanc se côtoient dans un monde binaire. Karl Nawrot fait naître de cette tension une véritable alchimie visuelle dans l’espace. Il nous raconte un monde qui a à voir avec le commencement et nous mène vers l’inconnu.