DANSE | SPECTACLE

Millibar, une ritournelle chorégraphique

10 Fév - 11 Fév 2016
Vernissage le 10 Fév 2016

Dans le cadre du festival Faits d’hiver, Micadanses présente Millibar, une ritournelle chorégraphique, une création de Geisha Fontaine et Pierre Cottreau. Pendant dix-huit ans, une même danse a été interprétée aux quatre coins du monde. Aujourd’hui un documentaire rend compte de cette ritournelle chorégraphique itinérante.

Geisha Fontaine, Pierre Cottreau
Millibar, une ritournelle chorégraphique

La matière de Millibar, c’est le temps. Depuis 1998, une même «petite danse», interprétée par Geisha Fontaine, est filmée en Super 8 en différents points du monde. Un film témoigne de cette «tournée internationale» qui va de Paris à Zagreb en passant par Madras, Le Caire, Tokyo, Valparaiso, etc. Le projet a été motivé par la curiosité de ce qu’une petite danse deviendrait sur plusieurs années. À la fois souvenir de danse et souvenir de voyage, la ritournelle chorégraphique joue avec les moments, le regard et l’espace. Elle rencontre aussi l’histoire: les immeubles de Beyrouth troués par les obus, la mutation accélérée de la Chine, les rues d’Alep en Syrie où il était encore possible de danser au siècle dernier.

Comment s’emparer ici et maintenant d’une séquence dansée par la même personne en de multiples lieux pendant dix-huit ans? Après la projection du film au début du spectacle, quatre danseurs entrent en scène. Ils agissent sur le destin de cette ritournelle chorégraphique, aussi insistante que légère, et l’actualisent en dansant ses multiples transformations. Le public est invité à voir la danse au présent tout en la confrontant à la mémoire que le film instaure.

Filmer, danser. Le choix du Super 8 évoque les films de vacances, un cinéma nomade pratiqué aussi bien par des amateurs que par des cinéastes expérimentaux. Il n’existe qu’une seule copie de chaque séquence; cette fragilité du support est emblématique de l’éphémère qui est inscrit dans tout mouvement dansé et dans le corps de l’interprète. La ritournelle chorégraphique est un entêtement dans le temps.

conception et chorégraphie
: Geisha Fontaine et Pierre Cottreau
film: Pierre Cottreau
texte: Vladimir Jankélévitch, L’Irréversible et la nostalgie (extraits)
musique: Jean-Baptiste Doulcet
création lumière: Rima Ben Brahim
avec: Aina Alegre, Pierre Cottreau, Jean-Baptiste Doulcet, Geisha Fontaine, Julie Galopin, Alexandre Théry

Repères biographiques

Chorégraphe, performeuse et chercheuse en danse, Geisha Fontaine s’intéresse aux multiples temporalités de la danse. Elle débute à seize ans, au théâtre du Capitole à Toulouse, comme danseuse classique, puis se forme auprès de Merce Cunningham et Alwin Nikolaïs, à New York, et Hideyuki Yano, à Paris. Elle crée ensuite le Centre de danse contemporaine Le Dansoir, à Toulouse, et est interprète pour plusieurs compagnies. En 1998, elle fonde Mille Plateaux Associés avec Pierre Cottreau. Geisha Fontaine est titulaire d’un doctorat en philosophie de l’art (Université Panthéon-Sorbonne) et sa thèse, Les danses du temps, a été publiée par le CND en 2004. Elle est la conseillère artistique de l’exposition «La danse contemporaine en questions» (produite par le Centre national de la danse et l’Institut Français), dont elle a rédigé le manuel et le catalogue (2014). Elle participe à divers programmes de recherche, collabore à des ouvrages collectifs, et a publié Tu es le danseur et aux éditions micadanses.

Diplômé de la FEMIS (École nationale supérieure des métiers de l’image et du son), Pierre Cottreau commence son parcours artistique comme réalisateur et directeur de la photographie, et collabore à plusieurs longs métrages. Formé également à l’histoire de l’art, il s’investit dans une expérimentation autour de l’image et du film à la croisée de plusieurs champs artistiques: cinéma, danse et photographie. Depuis la création de Mille Plateaux Associés, il conçoit avec Geisha Fontaine les différents projets chorégraphiques de la compagnie. Ils ont créé dix-sept pièces qui interrogent notamment les notions de «spectaculaire» et de «contemporain». Ils ont également initié le projet européen Gazing & Dancing qui a réuni pendant deux ans des artistes et des chercheurs croates, français, hongrois et serbes autour de la question du regard en danse.