ART | EXPO

Mia Istoria

10 Jan - 03 Mar 2015
Vernissage le 10 Jan 2015

Antoine Aguilar est un jeune artiste qui manipule l’histoire de l’art et la matière, en les prenant comme éléments constitutifs de ses expériences scientifiques. Il déconstruit le réel, en le morcelant et en le pixellisant. A travers ses œuvres, il construit des zones réceptrices vibrantes et des oscillations picturales lumineuses.

Antoine Aguilar
Mia Istoria

Antoine Aguilar est un jeune artiste qui manipule l’histoire de l’art et la matière comme éléments constitutifs de ses expériences scientifiques. Son laboratoire se construit à travers une attitude contestataire empruntant son potentiel énergétique à des mouvements artistiques des sixties, comme Fluxus, l’Arte Povera, le Pop Art, l’Art vidéo ou encore l’Art Conceptuel.

De l’un il gardera l’ironie, la provocation et la dérision, de l’autre la dialectique entre nature et présent, l’intérêt pour des objets ordinaires producteurs d’images et issus de la culture de masse ou encore la fascination dans la puissance de la représentation. De l’Art vidéo, il reprendra la matière électrique comme recherche d’une image écran reconnue comme langage binaire ou détournement technologique des machines employées.

Son rail de pensée s’articule autour d’un paradigme physique agité qui se construit dans la durée et la démesure. Il privilégie le processus, l’idée et la représentation. S’il réalise des milliards de confettis de toutes les couleurs de manière artisanale, pendant plus d’une année, comme la performance d’un athlète de haut niveau, c’est pour mieux partager le jour venu, l’excitation procurée par cette attitude et pouvoir hurler «Yes, I did it».

A travers sa production plastique, se développe à la fois un effet «boule de neige», un enchaînement d’émotions et de temps vécu. A travers cette entreprise tout comme Meteor, 2005, (mandala-paillasson monumental) il déconstruit le réel, en le morcelant et en le pixellisant; il construit des zones réceptrices vibrantes, des oscillations picturales lumineuses, résurrections d’images historiques. C’est une nouvelle cosmogonie qu’il nous livre, de la poussière d’étoiles, une cartographie de l’irréel dans laquelle chacun peut s’immerger et se projeter.

Avec Avalanche, 2007, Electrical Landscape et Shifting Sands, 2008, Antoine Aguilar dessine des espaces éphémères et éclatés, il dispose de la lumière comme une matrice générant un sens de circulation à la fois physique et mental. Utilisant le fonctionnement des bons vieux tubes cathodiques du siècle dernier, il travaille de manière artisanale à faire exploser les images et à libérer leurs flux en mouvement et sous tension. Les paysages qu’il crée sont autant de zones de brouillages abyssales dans lesquelles on se perd inexorablement.

En véritable électron libre, le diable dans les bretelles, il glisse, zappe et rebondit d’un spot à un autre générant un travail prolifique et dense. Il privilégie la possibilité de moduler des combinatoires théoriques et esthétiques; il crée les décharges électriques qui nous transportent dans un environnement spatial ambigu et parallèle, un kaléidoscope vertigineux, un Big Bang in progress.