ART | EXPO

Mechanical Stress

24 Sep - 31 Déc 2016
Vernissage le 24 Sep 2016

L’exposition « Mechanical Stress » à la galerie niçoise Eva Vautier présente des sculptures et une vidéo de Florian Pugnaire. Des œuvres qui témoignent de la dimension performative de la sculpture, résultat d’un combat physique entre l’artiste et la matière.

L’exposition « Mechanical Stress » à la galerie Eva Vautier, à Nice, permet de découvrir la pratique entre sculpture et vidéo de Florian Pugnaire. Une dizaine de sculptures inédites et une vidéo récentes explorent le processus de création.

Sculptures et vidéos explorent les procédés de fabrication d’une œuvre

Les sculptures d’un côté et la vidéo et le cinéma de l’autre sont les deux axes de l’œuvre pluridisciplinaire de Florian Pugnaire qui se construit par de permanents va-et-vient entre l’un et l’autre. Les deux médiums se complètent dans une recherche autour des procédés de fabrication d’une œuvre. Dans une sculpture réalisée en 2016, une feuille d’aluminium froissée, comme soufflée par un puissant courant d’air, est retenue par une sangle fixée au mur, elle aussi en tension. L’œuvre est représentative d’une pratique qui évoque les domaines du chantier et de l’atelier pour sonder la notion de work in progress.

Les matériaux et objets employés par Florian Pugnaire dans ses œuvres sculptées sont ceux habituellement utilisés dans les métiers du bâtiment : surfaces d’aluminium, sangles, plomb, liant, peinture, chaînes galvanisées, tôles, plaques de plâtre, acier inoxydable… Plus que d’une opération esthétique, les sculptures résultent pour l’artiste d’un corps à corps avec la matière dans lequel il exploite leurs propriétés physiques. Ces propriétés se mesurent par la contrainte mécanique (« mechanical stress » en anglais), qui donne son titre à l’exposition.

L’atelier comme lieu d’affrontement entre les capacités physiques de Florian Pugnaire et celles des éléments

La force créatrice devient chez Florian Pugnaire une force de travail qui exploite les spécificités du matériau (sa résistance, sa souplesse, ou sa délicatesse) par le biais d’instruments mécaniques tels que des sangles, des palans, des treuils et des vérins hydrauliques. Dans l’œuvre Nœud, drapé, drapeau, c’est la malléabilité du plomb qui est utilisée. Alignées sur un mur, des plaques de plomb ont été pliées à divers degré. La première, entièrement compactée, ne forme plus qu’une boule de taille réduite tandis que la dernière à l’allure d’un drapeau à peine froissé. L’atelier devient ainsi le lieu d’un affrontement entre ses capacités physiques et celles des éléments. Il en ressort des œuvres dynamiques, souvent tourmentées voire visuellement violentes dont le processus de création l’emporte sur l’objet final.

La vidéo Agôn offre une métaphore de la démarche plastique de Florian Pugnaire : on y voit deux personnes s’affronter dans un environnement qui change en permanence. Enfermés dans leur bagarre comme dans une boucle temporelle, les deux combattants sont aveuglent aux transformations pourtant violentes de cet environnement qui finit par s’autodétruire. Par le biais narratif, le film met en scène la notion de processus et particulièrement la pratique de la sculpture telle que la conçoit Florian Pugnaire.