ART | EXPO

Mécanismes Parallèles

21 Juin - 21 Juil 2012
Vernissage le 21 Juin 2012

Quelques dessins planifient, par leur logique aussi implacable qu’opaque, une construction mentale utopique, où une forme minérale pourrait permuter selon un ordre parfait, circulaire et infini. Cet ordre est fondé sur une aberration de la perspective.

Anne-Charlotte Yver
Mécanismes Parallèles

«L’œil entre deux lignes parallèles ne les verra jamais à une distance assez grande pour qu’elles se rencontrent en un point.»
C. A. 120 r. d
Les Carnets de Léonard de Vinci

Quelques dessins planifient, par leur logique aussi implacable qu’opaque, une construction mentale utopique, où une forme minérale pourrait permuter selon un ordre parfait, circulaire et infini. Cet ordre est fondé sur une aberration de la perspective: les proportions de chaque dessin de la métamorphose de cette forme à partir d’un point central sont appliqués au champ de la sculpture, donnant lieu à une nouvelle construction. Une position extraite parmi les 360 variations de degrés possibles, autour de ce centre, donc.

Toute tentative concrète d’édification de cette forme dans l’espace prend alors une tournure monstrueuse.
La structure du coffrage, trop fragile, se déforme et s’ouvre sous la pression du béton.
La verticale penche, la matière se fissure, les angles s’effritent. Les flux chaotiques de matière se cristallisent pour devenir surface visuelle.
Face à ce mutant pétrifié, deux plaques sérigraphiées sont posées, verticales, contre le mur.

Une structure en béton armé est reconstruite, pour la seconde fois, ne tenant que par la tension de son poids, du mur au sol. Le déplacement dans l’espace transforme sous le regard mouvant le parallélisme des lignes en géométrie incertaine, précaire.
Une plaque de béton couverte d’une brume noire est retenue par du caoutchouc, son centre de gravité est déplacé.

Engluée dans les vapeurs de goudron et la poussière de ciment, la pensée se heurte à elle-même.
Le tapis de goudron isolant est enroulé pour être rangé. Redressé du sol dans un dernier geste sculptural, il vient matérialiser, là ou les autres pièces semblent échouer, la verticale et l’horizontale par la simple torsion naturelle de son corps.