ART | EXPO

Mauvaises Graines 2

10 Mai - 23 Juil 2016
Vernissage le 07 Mai 2016

L’Espace topographie de l’art présente l’exposition «Mauvaises graines». A travers cette exposition les artistes Omar Ba, Stéphane Blanquet, José Maria Gonzalez, Céline Guichard, David Ortsman, Cendrine Rovini, Emeli Theander, Aleksandra Waliszewska, Sebastian Gögel, interrogent le rapport à la nature dans notre société contemporaine.

Omar Ba, Stéphane Blanquet, José Maria Gonzalez, Céline Guichard, David Ortsman, Cendrine Rovini, Emeli Theander, Aleksandra Waliszewska
Mauvaises Graines 2

Une première édition de l’exposition «Mauvaises graines» avait eu lieu en 2014 qui présentait Edouard Baribeaud, Sebastian Gögel, Tami Ichino, C.N. Jelodanti, Hélène Muheim, Stéphane Pencréach, Chloé Poizat, Eric Winarto, Anaïs Ysebaert. Cette nouvelle édition présente une nouvelle sélection d’artiste: Omar Ba, Stéphane Blanquet, José Maria Gonzalez, Céline Guichard, David Ortsman, Cendrine Rovini, Emeli Theander, Aleksandra Waliszewska. Sorte d’exposition dans l’exposition, les artistes de la première sélection sont invités à présenter une nouvelle œuvre.

Les artistes de l’exposition ont un point commun, ils interrogent le rapport avec la nature. Ce rapport perdu à la nature, fantasmé ou imaginé passe alors par l’invocation de l’esprit des mythes oubliés où l’homme et la nature ne formaient qu’un tout. Chamanisme, divinité païennes, mythologies sont alors évoquées dans d’étranges hybridations. Ainsi Omar Ba, artiste né au Sénégal et vivant à Genève, fait référence à la mythologie sénégalaise en créant des figures hybrides dans un bestiaire foisonnant dans un univers onirique où la diversité des matériaux répond à l’hybridation iconographique.

Stéphane Blanquet, quant à lui, invoque les cultures populaires, les sciences optiques, la magie ou encore l’art forain. D’autres artistes évoquent un rapport à la nature définitivement perdu. Leurs œuvres décrivent des univers apocalyptiques, fruits du désastre possible d’un monde où la nature aurait perdu ses droits. C’est le cas des paysages de solitude, de silence et de désolation, peuplés de fantômes de José Maria Gonzalez. Parfois le désespoir côtoie aussi la douceur dans un étonnant paradoxe. Chez Aleksandra Waliszewska la sensation d’une accablante catastrophe côtoie le sublime. Chez Hélène Muheim aussi, l’extrême délicatesse du dessin estompant le trait jusqu’à sa quasi-disparition représente ce qui n’est plus, restituant le désastre avec douceur.

Le retour à la nature passe aussi par l’hybridation. Céline Guichard cultive l’ambigüité des rapports mâle-femelle, animal-humain, végétal-animal, humain-minéral, et ses personnages affublés d’accessoires semblent tout droits sortis d’un bestiaire ésotérique.
L’univers de David Ortsman est, quant à lui, tout à la fois teinté de candeur et de sadisme, d’extrême naïveté et de cruauté. Les corps morcelés y côtoient les couleurs acidulées, l’atrocité la naïveté, la rendant d’autant plus effrayante.

Cendrine Rovini évoque aussi cette ambigüité avec son univers étrange empli de difformités et de cruauté, qui en même temps dégage une impression de douceur comme si la matière légère du dessin venait atténuer la cruauté du sujet. Cette tension entre finesse et complexité, autour de moments aussi doux qu’effrayants se retrouve encore chez Emeli Theander.

Le rêve s’impose également comme un thème majeur de l’exposition. Il y a les acryliques de Tami Ichino, brumes colorées en attente de réponse qui ne figurent rien ; les peintures d’Eric Winarto qui invitent à la contemplation ou au ressenti dans un moment de suspension. En quête de paix, de sagesse et de refuge, les mauvaises graines partent à la recherche de leur paradis perdu.