ART | EXPO

Materia prima

02 Mar - 25 Mar 2017
Vernissage le 02 Mar 2017

L’exposition « Materia prima » à la galerie Depardieu, à Nice, présente des dessins d’Elli Chrysidou. En empruntant des motifs à Albrecht Dürer, l’artiste grecque explore la position, le statut et l’identité des femmes dans la vie moderne.

L’exposition « Materia prima » à la galerie niçoise Depardieu dévoile de nouveaux dessins d’Elli Chrysidou à travers lesquels l’artiste grecque explore la représentation des femmes dans les gravures d’Albrecht Dürer pour mieux interroger leur statut dans la société d’aujourd’hui.

Des motifs empruntés à Albrecht Dürer

Les dessins de la série Materia prima d’Elli Chrysidou incorporent tous des éléments empruntés à des œuvres d’Albrecht Dürer, reproduites à la main, pour un rendu extrêmement proche de celui des originaux de l’artiste allemand. n distingue dans les œuvres de cette série des figure féminines célèbres créées par Albrecht Dürer mais aussi de nombreux éléments fantastiques tels que des dragons, des anges, des flammes et autres détails aux tonalités apocalyptiques.

Réalisés dans des teintes entre rouge et noir, tendant vers un bordeaux monochrome, et selon un tracé qui évoque des gravures, les dessins d’Elli Chrysidou s’inscrivent volontairement dans un style graphique propre à l’art de Dürer et, plus largement, propre à la période de la Renaissance nordique, c’est à dire le renouvellement des sujets et des formes iconographiques qui se déroula au début du seizième siècle dans les pays du nord de l’Europe, en opposition avec celle appelée renaissance italienne.

Elli Chrysidou explore le statut et l’identité des femmes dans la vie moderne

Elli Chrysidou se sert de cette matière iconographique de siècles passés pour explorer des thèmes contemporains comme le statut et l’identité de la femme. Pourtant, rien dans ces dessins ne révèle à première vue des considérations particulières liées aux questions du féminisme et du genre. Dans l’un d’eux, on distingue une figure féminine célèbre, créée par Albrecht Dürer qui tient une sphère en équilibre sur sa tête, entourée de vents très imagés qui soufflent de chaque côté. Dans un autre, un ange émergeant de flots tumultueux tient une sphère sur laquelle se tient une femme, un dragon crachant ses flammes sur cette dernière. Plusieurs dessins représentent des femmes dont la tête est surmontée de divers objets étonnants : ici un amas végétal, là des flammes et ailleurs encore un rhinocéros.

Par ce biais, Elli Chrysidou semble évoquer le poids reposant sur l’existence des femmes, leur obligation à se soumettre ou encore la force morale des femmes, déterminées à avancer malgré les épreuves qu’elles supportent. Les scènes apocalyptiques suggèrent une menace ou un événement prodigieux qui serait sur le point de se produire. le surréalisme des images renvoie aux difficiles rapports entre les sexes. Autant d’indices par lesquels Elli Chrysidou montre de façon subtile son intérêt pour les changements sociaux et illustre la position des femmes dans la vie moderne.