ART | CRITIQUE

Marlène Mocquet

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@12 Jan 2008

A la galerie Alain Gutharc, les toiles de Marlène Mocquet sont hantées par une population fantastique évoluant dans un univers onirique aussi étrange qu’envoûtant. Ou comment la peinture permet encore de créer des mondes.

Tout juste diplômée de l’École des beaux-arts de Paris, Marlène Mocquet présente pour sa première exposition individuelle une vingtaine de tableaux aux formats variant de 20 à 220 cm.

Tout un monde aux formes diffuses et éphémères (geysers, fumées, nuages, etc.) surgit des toiles comme par génération spontanée. Des monstres, des spectres, des animaux fantastiques et des personnages viennent, d’un tableau à l’autre, baigner l’exposition dans une atmosphère étrange et envoûtante.

Quelques éléments — un puzzle auquel manque une pièce, des multiples de tour Eiffel, etc. — esquissent des bribes de scénarios, tandis que des titres tels que Le Monstre aux parachutes, ou Le Chien mangé par l’homme, évoquent des comptines hallucinatoires qu’il nous revient d’imaginer.

La grossièreté du dessin et la naïveté enfantine des peintures leur confèrent une dimension onirique. On évolue dans un espace aux frontières mouvantes et floues, comme dans un sommeil éveillé. Mais la spontanéité, l’ouverture et la générosité de ce travail créent les conditions d’un échange avec les spectateurs.

La variétés des techniques utilisées met en évidence la matière picturale: sa propension à dégouliner, à recouvrir, mais surtout à se constituer, par delà la couleur, en peau, en tissu organique. Chaque motif est ainsi habité par des yeux qui, plus ou moins nettement visibles, donner chair et vie à la matière. Une consistance. Les êtres et les formes, dépourvus de nature et d’apparence fixes, semblent pouvoir se transformer, habiter d’autres corps.

On songe aux peintures symbolistes d’Edvard Munch et Odilon Redon, mais chez Marlène Mocquet, dans une version apaisée, presque joviale. Dans son autoportrait, La Ville à l’envers, elle soulève un amas de peinture comme on brandit un trophée, comme pour nous convier à la célébration de l’acte de peindre, de continuer à créer des mondes.

Marlène Mocquet
Paysage rose aux quatre plumes, 2007. Technique mixte. 60 x 80 cm
Les buissons, 2007. Technique mixte. 30 x 37 cm.
Sous la jupe, 2007. Technique mixte. 130 x 162 cm.
La ville à l’envers, 2007. Technique mixte. 223 x 155 cm.
Saut sur la chaise en bois, 2007. Technique mixte. 38 x 46 cm.
Le lion brûlé, 2007. Technique mixte. 22 x 27 cm.
Paysage jaune aux tours en œil, 2007. Technique mixte. 46 x 55 cm.
Cercle doré, 2007. Technique mixte. 20 x 20 cm.
Le menhir, 2007. Technique mixte. 41 x 33 cm.
La tâche jaune qui mange des nuages, 2007. Technique mixte. 22 x 16 cm.
Trois tâches blanches humaines, 2007. Technique mixte. 20 x 20 cm.
Bonhomme aux punaises, 2007. Technique mixte. 41 x 33 cm.
La maison en naufrage, 2007. Technique mixte. 25 x 25 cm.
L’oiseau découvert, 2007. Technique mixte. 55 x 46 cm.
Paysage au fantôme blanc, 2007. Technique mixte. 24 x 33 cm.
La fraise aux tours Eiffel, 2007. Technique mixte. 33 x 41 cm.
La montagne à la petite fille au biscuit, 2007. Technique mixte. 22 x 27 cm.
Paysage aux cœurs, 2007. Technique mixte. 130 x 162 cm.
Le saut orange fluo, 2007. Technique mixte. 195 x 130 cm.
La margueritte dans la mer, 2007. Technique mixte. 89 x 116 cm.
Le monstre aux parachutes, 2007. Technique mixte. 10 x 18 cm.
Le bisou au lingot d’or, 2007. Technique mixte. 41 x 33 cm.