ART | EXPO

Marcher dans la couleur

01 Juil - 28 Oct 2012
Vernissage le 30 Juin 2012

L’artiste est inventeur de lieux. Il donne chair à des espaces improbables, impossibles ou impensables. C’est ce que nous propose de découvrir cette exposition en entrainant le visiteur dans un grand parcours perceptif de sensations colorées, une curieuse expérience où chacun se défera lentement de l'assise profonde qui constitue sa relation avec le réel.

Daniel Buren, Ann Veronica Janssens, Mai-Thu Perret, Veit Stratmann, James Turrell, Felice Varini, Jessica Warboys
Marcher dans la couleur

L’exposition «Marcher dans la couleur» réunit plusieurs artistes de premier plan qui proposent une expérience de la couleur dans l’espace. Ce projet d’exposition emprunte son titre à l’essai L’homme qui marchait dans la couleur de Georges Didi-Huberman sur le travail de James Turrell. Ce texte prend la forme d’une fable pour décrire le travail de cet artiste inventeur de lieux. Le genre de lieux qu’invente James Turrell passe par un travail avec la lumière. Il est un sculpteur qui donne masse et consistance à ces choses dites immatérielles que sont la couleur, l’espacement ou la limite. L’exposition «Marcher dans la couleur» propose au spectateur de parcourir des œuvres comme des lieux d’expériences sensorielles.

Dès l’entrée du musée, Felice Varini réalise une intervention inédite qui va guider le regard du visiteur depuis le hall jusqu’à la librairie puis proposer un second point de vue dans le puits de lumière pour inviter le regardeur à parcourir l’espace. Daniel Buren présente un dispositif in situ, installé depuis l’ouverture du musée sur la totalité des parois vitrées du musée, qui entretient un dialogue avec l’architecture des lieux. Avec Rotation, l’artiste tire parti de la transparence et propose un jeu de couleurs et de formes, mis en mouvement dans l’espace par la lumière naturelle. À chaque heure du jour, le public découvre une nouvelle installation. Cette œuvre donne à voir une véritable mise en abyme de l’espace par l’explosion de la couleur. L’impression d’éclatement de l’œuvre, accentuée par les projections sur les murs et le sol, incite le spectateur à un déplacement non plus seulement du regard mais du corps tout entier. Au centre de l’exposition, une installation lumineuse de James Turrell, Red Eye de 1993, est réactualisée spécialement pour l’exposition. Le spectateur pénètre un cube blanc pour faire l’expérience de l’immatérialité dans l’obscurité d’un espace d’où se détache un rectangle coloré. Cet environnement perceptuel sollicite nos sens et trouble notre rapport avec la réalité physique.

À l’instar des autres artistes de l’exposition, l’espace est l’une des composantes du travail de Mai-Thu Perret: «Bien que mon travail soit souvent basé sur des scénarios préexistants lorsque je réalise une exposition j’attache une énorme importance à l’espace». Cet intérêt pour le lieu se traduit par un rapport singulier à la couleur qui y fait presque office d’ornementation. La sculpture minimale monumentale WE se propose au spectateur comme un labyrinthe à arpenter. L’artiste se plaît à composer un jeu optique opéré par la puissance de l’association des couleurs et par la répétition symétrique de la forme géométrique. Le traitement de la couleur illustre un mélange d’influences allant de l’abstraction géométrique du début du XXème jusqu’au minimalisme ou l’Op art. Le phénomène d’immersion se poursuit dans l’obscurité avec les pièces lumineuses Scrub d’Ann Veronica Janssens. Des formes rectangulaires de différentes couleurs, imbriquées les unes dans les autres, s’animent de mouvements accélérés accompagnés de changements de couleurs. L’image produite s’associe à l’expérience des images rémanentes et celles de l’accélération hypnotique produite par les variations de rythmes.