DANSE | SPECTACLES

Male Version/ A small guide to treat your lifetime companion/ Chutes Incandescentes

01 Juin - 02 Juin 2012

Pour clore cette nouvelle édition des rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, trois duos pour quatre chorégraphes: Liat Waysbort réinvente le concours de danse pop, Jan Martens explore la fusion continue des corps, et Clara Furey et Benoît Lachambre nous invitent à un voyage onirique.

Liat Waysbort, Jan Martens, Clara Furey, Benoît Lachambre
Male Version/ A small guide to treat your lifetime companion/ Chutes Incandescentes

Liat Waysbort, Male Version
Les éléments tragiques de la vie d’Elvis Presley ont piqué la curiosité de la chorégraphe israélienne Liat Waysbort, qui a choisi d’aborder la question de l’univers masculin, notamment tel qu’il transparaît dans la culture populaire. Pour cela elle transforme la scène en espace de démonstration ou de concours – de vitesse, de virtuosité, de posture, de pouvoir, de force – entre deux danseurs très proches (même corps sec et mince, même petite barbe) mais jamais identiques. Les danseurs passent du hard rock aux mouvements du hip-hop, du music-hall au rock’n’roll, oscillant sans cesse entre premier et second degré, entre respect de l’original et affirmation de la copie, entre affirmation crâne de la virilité et changement de rôle ou culture de l’androgynie.
Ce faisant, la chorégraphe creuse la question du stéréotype, celui avec lequel chacun compose, mais aussi celle de la mémoire : comment au présent chacun, chaque corps, réagit aux choses vues, entendues, partagées, à partir de ses souvenirs.
Ni dans la quête du même, ni dans celle de la différence, la pièce balance ainsi entre répétition et renouveau, comme une définition possible de ce que pourrait être une identité et l’incarnation d’une certaine culture populaire.
Laure Dautzenberg

Chorégraphie: Liat Waysbort
Danseurs: Maarten Hunink et Martjn Kappers
Musique: Rage against the Machine, Dean Martin, Elvis Presley
Lumières: Remko van Wely
Costumes Liat Waysbort
Dramaturgie: Peggy Olislaegers
Production Dansateliers
Coproduction Conny Janssen Danst
Durée: 22 minutes

Jan Martens, A small guide to treat your lifetime companion
Un couple danse dans le sens le plus littéral du terme: sans se séparer un instant, Jan Martens et Steefka Zijlstra montrent cinq moments dans une relation de couple.
A small guide on how to treat your lifetime companion est une image muette et en mouvement dans un espace qui n’est pas identifiable: un ascenseur, une cuisine, une cave ou une caravane. Ce sont 30 minutes pendant lesquelles deux personnes réussissent s’abstraire du monde extérieur, 30 minutes révélatrices de la vie de deux personnes avant qu’elles ne reviennent au monde réel. Avec A small guide on how to treat your lifetime companion, Jan Martens crée un spectacle qui parle de l’amour, de la tendresse, une performance intime à la fois réconfortante et inquiétante. Un rituel moderne: reconnaissable, naïf, avec une touche de mélancolie.

Concept: Jan Martens
Performance: Jan Martens, Steefka Zijlstra
Costumes: Olivier Waelkens
Répétiteur:Peter Seynaeve
Production Frascati
Remerciements United-C, Productiehuis
Brabant, kc nOna and STUK Leuven
Durée: 30 minutes

Clara Furey, Benoît Lachambre, Chutes Incandescentes
Tout a débuté par l’élan de rencontres de créativités qui ont préalablement mûri séparément, avant que les sous-couches de nos fascinations ne se rejoignent. Notre cheminement dénude dans cette œuvre, des présences occidentales profondément habitées par des mythologies orientales. Peut-être s’agit-il de l’action de puiser à la souche de nos subconscients où les fondements des croyances orientales réapparaissent alors qu’ils ont étés historiquement transmis via la négation de nos propres fondements orientaux.

Ainsi les couches des subconscients sont sans doute plus culturellement habitées qu’elles ne sont dévoilées à l’œil nu. Comment peut-on considérer une conscience approfondie s’il n’y a pas reconnaissance des souches? Il ne s’agit pas ici de l’action d’appropriation de cultures mais du constat, par la représentation artistique, que ces notions orientales habitent notre humanité fondamentale. Nous y délivrons tout simplement nos rêves et nos fantasmes. Nous sommes des humains qui témoignent de l’anthropologie culturelle par l’excavation de nos subconscients.

Ce processus artistique constitue, de manière intrinsèque, un remerciement à la pérennité occidentale. C’est par l’émergence de ce qui fut préalablement infraliminaire qu’existe fondamentalement notre pratique. Il n’est donc pas étonnant de constater que Clara chante des poèmes de Roumi et que je mentionne des rêves où je suis témoin des phobies du démon Ravana et les interventions déguisées du semi-dieu Rama, de la belle Sita, et d’Hanuman — dieu singe guerrier —, qui habitent mon monde onirique depuis ma plus tendre enfance. Les voix se marient au piano rivé aux corps qui deviennent instruments de ténèbres et de lumières.
C’est donc à ces périodes de nos consciences adultes que nous faisons face à l’inévitable incandescence de la chute de Ravana et à la richesse des fondements orientaux, juxtaposant amour, spiritualité et sexualité. Nous invitons à découvrir, au travers de cette création, que ce fut au premier abord par le cognitif que durent jaillir ces concepts. L’art sert à dévoiler ce qui fut trop longtemps caché, rendre visible l’invisible…
Benoît Lachambre, décembre 2011

Concept et chorégraphie: Benoît Lachambre
Musique et direction musicale: Clara Furey
Interprétation: Benoît Lachambre et Clara Furey d’après les textes de Jellal ludin Rûmi, en anglais, Benoît Lachambre, en français, inspiré du Mahâbhârata et Clara Furey, Nobody Knows et Black Crown
Lumières: Lucie Bazzo
Scénographie: Benoît Lachambre avec la collaboration d’Annick La Bissonnière
Création des accessoires Alain Jenkins
Regard extérieur Céline Bonnier, Daniele Albane, Rachel Tess
Direction technique Karine Gauthier
Production Par B.L.eux, Montréal
Durée: 60 minutes

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