ART | EXPO

Mais où est donc Ornicar?

06 Juil - 27 Juil 2013
Vernissage le 06 Juil 2013

Les artistes présents dans cette exposition se veulent attentifs aux formes d’expression de la pensée, à la manière dont le sens se forme, se transforme et circule. Ils manipulent ainsi toutes sortes de langages, celui de l’image et de l’objet, celui du corps, du geste et de la parole, et inventent alors de nouvelles articulations de sens.

Olivier Agid, Elodie Brémaud, Isabelle Giovacchini, Alexandre Giroux, François Lancien Guilberteau, Guillaume Linart Osorio
Mais où est donc Ornicar?

Commissaire: Dominique Abensour

Si la question-titre de cette exposition n’est pas au centre des préoccupations des artistes qu’elle rassemble, les procédés à l’œuvre pour élaborer cette célèbre formule mnémotechnique croisent plus précisément leurs intérêts. Quitte à sacrifier à l’orthographe, la méthode consiste à donner un sens à une liste de termes qui n’en a pas: celle des conjonctions de coordination. Pour comble d’efficacité, chacune d’elle, en sa qualité d’agent de liaison, nous permet de faire sens à travers de multiples opérations: transition, objection, exclusion, extension, restriction, déduction.

A ces jeux de langue, les pratiques des artistes font écho. Attentifs aux formes d’expression de la pensée, à la manière dont le sens se forme, se transforme et circule, ils manipulent toutes sortes de langages, celui de l’image et de l’objet, celui du corps, du geste et de la parole. L’usage qu’ils en font est particulièrement créatif. Ils en bousculent les normes et les règles, en contrarient les formes de modélisation et inventent de nouvelles articulations du sens. A travers des œuvres fondées sur la recherche et l’expérience, ils produisent des dispositifs aptes à réfléchir le monde mais aussi à le construire.

L’image comme modèle visuel est au cœur de plusieurs démarches.

Olivier Agid
Depuis les années 1970, Olivier Agid développe des systèmes d’écriture en images qui lui permettent d’étudier le fonctionnement de la société, ce qu’elle produit en termes d’espaces, d’objets, d’échanges et de comportements. Capables de configurer des situations complexes, les écritures en images ne se contentent pas de décrire le monde ou de l’interpréter, elles constituent un champ de connaissance visuelle au sein duquel on peut penser et agir.

François Lancien Guilberteau

François Lancien Guilberteau s’intéresse autant aux actes qui produisent l’image qu’à ses modes d’apparition, de circulation et de réception. L’hétérogénéité de ses travaux n’est pas sans évoquer la diversité des images telles qu’elles nous parviennent à travers un flux continu et exponentiel.

Isabelle Giovacchini
L’idée d’une photographie libérée de son lien avec le sujet est au cœur de la quête d’Isabelle Giovacchini. Au sein d’une pratique réellement expérimentale, elle cherche — dit-elle — un seuil «où l’image ne figure plus», où le discours s’effondre et le sens s’efface au profit d’un espace sensible.

Alexandre Giroux
Alexandre Giroux utilise de multiples moyens plastiques. Il s’attache à mesurer des écarts entre la réalité et sa représentation, le plan et le terrain, l’image et le volume, l’original et la copie. Ses projets mettent en œuvre des principes d’interprétation, de traduction, de transposition d’un langage dans un autre.

Guillaume Linart Osorio
Guillaume Linart Osorio définit lui-même l’espace de sa réflexion et de sa pratique à travers la notion de chantier, un lieu intermédiaire entre le monde des idées et le monde physique, entre le projet et sa concrétisation. Il occupe stratégiquement un territoire où l’abstrait et le concret, l’imaginaire et la réalité coexistent en laissant toute leur place aux possibles.

Elodie Brémaud
La démarche d’Elodie Brémaud s’inscrit résolument dans le champ de la performance. Cependant sa pratique, qui relève de la prouesse et du record, entre en contradiction avec la définition de la «performance» artistique laquelle exclue le sens premier du terme en français.